Russie : RSF débloque le site du média Meduza, censuré par le Kremlin

Meduza

L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a annoncé vendredi avoir "débloqué" le site d'information russe et indépendant Meduza, censuré début mars par le Kremlin, appelant "les autres médias bloqués à se manifester" pour être eux aussi "remis en ligne". "Pour contrer la censure de sites d'information indépendants en Russie", RSF "a débloqué Meduza.io, le média russe le plus populaire du pays", basé à Riga, en Lettonie, affirme l'ONG dans un communiqué. Le 4 mars, une semaine après le début de l'invasion de l'Ukraine, les autorités russes avaient restreint l'accès aux sites de quatre médias indépendants, à savoir Meduza - dont la page d'accueil était complètement inaccessible -, les éditions russophones de la BBC et de la radio-télévision internationale allemande Deutsche Welle (DW), ainsi que Radio Svoboda, antenne russe de RFE/RL.

Meduza, "qui revendique plus de 13 millions de visiteurs uniques par mois", était "étiqueté agent de l'étranger depuis près d'un an et soumis aux contraintes drastiques de ce statut arbitraire", rappelle RSF. Sa remise en ligne s'inscrit dans le cadre de l'opération Collateral Freedom (liberté collatérale), destinée à contourner la censure sur internet grâce au soutien technique de hackers, informaticiens et ingénieurs dans plusieurs pays d'Europe. Concrètement, il s'agit de mettre "rapidement en ligne une copie conforme d'un site censuré et de l'héberger sur des réseaux de diffusions de contenus (CDN) qui abritent également une multitude d'autres services, et qui de ce fait ne sont pas censurés", explique l'organisation de défense de la liberté de la presse. "L'acharnement de Vladimir Poutine contre la liberté de la presse a atteint une intensité sans précédent depuis le début de la guerre", s'indigne RSF, citant notamment la loi, promulguée le 4 mars, qui prévoit jusqu'à 15 ans de prison pour toute personne publiant des "information mensongères".

"Les médias indépendants tombent les uns après les autres", déplore l'organisation, évoquant "Nastoyaschee Vremia, chaîne de télévision en ligne fondée par le média américain Radio Free Europe/Radio Liberty ou encore le média d'opposition The New Times et même un journal étudiant, Doxa". Sans compter la mise sous pression des "médias emblématiques du journalisme russe indépendant comme Dojd et la radio Echo de Moscou (qui) se sont résolus à cesser leur activité", alors que le Kremlin et les grands médias russes présentent le conflit comme "une opération militaire spéciale". La Russie occupe la 150e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse 2021 de RSF.
 

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