Sibyle Veil (Radio France) : la radio doit avoir toute sa place au sein de France Médias

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(© Thierry Wojciak/CBNews)

La présidente de Radio France Sibyle Veil a défendu jeudi à l'Assemblée nationale la place de la radio publique dans France Médias, la future société mère de l'audiovisuel public. "Le média radio ne peut voir sa spécificité gommée au sein de France Médias", a lancé Sibyle Veil devant les rapporteures du projet de loi sur l'audiovisuel public, au cours d'une séance à huis clos dont elle a rendu compte sur Twitter. Le "pôle audio" doit notamment "être représenté au sein du conseil d'administration de cette holding qui verra le jour début 2021. Elle regroupera France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (elle-même la maison mère de RFI, France 24 et de la radio arabophone Monte Carlo Doualiya) ainsi que l'INA (Institut national de l'audiovisuel). Sibyle Veil demande également que la répartition des moyens entre les différentes entités de France Médias "préserve ceux de la radio dans la durée". "Ma préoccupation est que la mise en place de la nouvelle organisation France Médias ne se traduise pas par des rigidités et des coûts supplémentaires, qui viendraient s'ajouter aux efforts importants dans lesquels Radio France est déjà engagée", a prévenu celle qui, avant d'être présidente de Radio France, était en charge des finances du groupe.

… « une redevance pérenne et universelle à la hauteur »

Sibyle Veil a également demandé devant l'Assemblée une "redevance pérenne et universelle à la hauteur" des missions de Radio France. "Ce n'est pas aujourd'hui - avec les défis que nous avons en matière d'information et de culture - qu'il faut renoncer au rôle des médias de service public dans la société", a-t-elle souligné. Elle a aussi eu un mot au sujet des podcasts, secteur en ébullition où le groupe public essaie de contrôler la diffusion de ses programmes. "Aucun contenu audio ne doit pouvoir être repris sans consentement express préalable de l'éditeur", a martelé Sibyle Veil. Après avoir auditionné les dirigeants des autres médias publics, des chaînes et radios privées, ou encore les annonceurs, les rapporteures du projet de loi Aurore Bergé, Sophie Mette et Béatrice Piron doivent recevoir la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte le 8 janvier.

La grève se poursuit…

Pendant ce temps-là, le groupe Radio France a connu jeudi une 25ème journée de grève très suivie, selon les chiffres des syndicats et de la direction, un regain de mobilisation contre un plan d'économies et des suppressions de postes. Les salariés protestent contre un plan d'économies prévoyant 299 suppressions de postes et, en parallèle, la création de 76 postes (sur un effectif total de près de 4.800 personnes). Les antennes des radios publiques françaises étaient fortement perturbées jeudi, avec des matinales à trous et de nombreuses émissions remplacées par de la musique. Le syndicat SNJ a relevé 60% de grévistes dans les rédactions, avec notamment de nombreux animateurs qui ont pris part au mouvement. La direction de Radio France indique de son côté que le taux de grévistes atteignait 16,60% en matinée, un regain de mobilisation alors qu'il était tombé sous 2% vendredi 13 décembre. Les salariés du groupe public réclament toujours le retrait du plan d'économies et de suppressions de postes prévu par la direction. Cette grève qui dure commence à se rapprocher du long conflit de 2015, où les salariés de la radio s'étaient mobilisés pendant 29 jours, un record. Les syndicats ont rencontré la direction jeudi matin, mais la direction maintient son objectif de 60 millions d'euros d'économies et 299 suppressions de postes. La patronne de Radio France Sibyle Veil avait répété dans un entretien au Journal du dimanche le 15 décembre que retirer ce plan "serait irresponsable", mais elle a admis qu'"il reste des inquiétudes" auxquelles elle souhaite "répondre par le dialogue social". "La mobilisation par tous les moyens se poursuivra en 2020. L'État et la direction de Radio France doivent considérablement revoir leur copie", avaient répondu les organisations syndicales dans un communiqué. Une pétition en soutien à "la radio publique en danger" avait recueilli plus de 57.000 signatures jeudi après-midi.

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