Top départ de ''franceinfo:'', la chaîne publique d’info

« Pas une usine à gaz ». Il n’était pas peu fier lundi matin le directeur de l’information du groupe France Télévisions Michel Field en dévoilant les contours de la nouvelle chaine d’information publique lancée dans le grand bain des chaînes de la TNT le 1er septembre prochain, sur le canal 27. Conjointement mise sur orbite par France Télévisions, Radio France, France Medias Monde et l’Institut national de l’audiovisuel (INA), la nouvelle entité qui regroupe les forces du service public avec une télé, une radio et un site est baptisée sans surprise "franceinfo:", comme la radio du groupe Radio France. Elle a pour ambition affichée d’être un « média global dont le centre de gravité, la priorité, est le numérique », plaide-t-il.  « Il fallait que cet accord nous survive, on se marie pour la vie », explique la présidente du groupe France Télévisions Delphine Ernotte Cunci. Pour ce faire, les quatre partenaires-fondateurs ont signé trois conventions qui les lient : une pour la marque, une pour le numérique et une pour la chaine TV. « Nous n’excluons pas d’autres partenariats, mais qui ne seront pas du même ordre », insiste-t-elle. « Nous voulons absolument nous préserver des influences politiques », faisant ainsi référence aux possibilités de voir la Chaine parlementaire et/ou Public Sénat rejoindre le projet, comme cela a pu être parfois évoqué. La chaîne et la radio auront un site d'info commun, toujours sous ce même nom. Chaîne, radio et site adopteront le même logo et une identité sonore commune (jingles et génériques) signée Jean-Michel Jarre.

Pour Laurent Guimier, patron de France Info (la radio), le projet « n’est pas une fusion, ni la construction de structures qui ne servent à rien. C’est le respect du savoir-faire de chacun. Ce que nous faisons à la radio, nous allons le déployer sur ce nouveau champ », insiste-t-il. Dans les faits, la chaîne d'info intégrera des apports de tous les partenaires : des images tournées par les rédactions de France 2, France 3 et les chaînes des départements d'Outremer, un JT toutes les 30 minutes réalisé par France Télévisions, les programmes de France 24 de minuit à 6 heures du matin, et 3 heures de programmes par jour fournis par "franceinfo:", diffusés simultanément à la radio et à la télé. La radio, quant à elle dotée d'un nouveau studio télé, fournira les rappels des titres (90 secondes toutes les 10 mn), une interview politique d'une demi-heure à 09H00, un talk-show d'une heure à 20H00 ("Les Informés", qui existe déjà sur la radio) et un talk-show quotidien de sport d'une demi-heure dont la forme et le contenu sont encore en réflexion. En outre le dimanche, la chaîne diffusera une émission politique en commun avec France Inter, de 12H30 à 14H00, avec Nicolas Demorand. L'antenne de la nouvelle chaîne basculera entre les plateaux de France Télévisions, France Info et France 24. En cas de gros événement, chacune des rédactions pourra prendre la main. "Ce sera un gros travail de coordination", a reconnu Germain Dagognet, directeur délégué à l'information de France Télévisions.

Pas une chaine de plus, mais une édition de plus...

Toutefois, selon lui, à l’aune du numérique « il nous fallait travailler la narration avec une écriture différenciante, notamment à base de data, d’infographies, etc. Nous serons en interface permanente avec le numérique». « Nous essaieront aussi d’expliquer comment on construit de l’info, expliquer sa hiérarchisation. C’est un formidable atelier d’écriture. Ce n’est pas une chaine de plus, mais une édition de plus », s’enthousiasme pour sa part Michel Field au moment où il fallait (re)penser deux modèles « contradictoires » : la TV et le numérique. En tout état de cause, «nous préférons louper un scoop que raconter n’importe quoi », martèle Mme Ernotte Cunci.

Avant tout mobile first

Cette dernière rappelle au passage que la chaine n’aura pas de publicité et que son futur niveau d’audience n’était « pas le sujet ». « Nous ciblons les jeunes. Mais pas que, nous sommes avant tout mobile first ». « Le temps où l’on confondait numérique et jeune est révolue », renchérit M. Dagognet. En tout cas, en ordre de bataille, "franceinfo:" pourra compter sur ses 176 collaborateurs dont la moitié vient de l’extérieur des quatre groupes fondateurs. « Sous l'impulsion de Delphine Ernotte, nous nous sommes montrés très attentif à la parité et à la diversité des collaborateurs », souligne encore M. Field. Côté budget, Mme Ernotte Cunci et le président de Radio France Mathieu Gallet préfèrent évoquer chacun un surcoût pour leur groupe de, respectivement, 15 et 3,5 millions d’euros.

 

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