La vente de l’immeuble de l’AFP décidée d’ici la fin de l’année

L'Agence France Presse (AFP) ne déménagera que si elle réalise une "plus-value suffisante" dans cette opération immobilière, qui suscite l'inquiétude des syndicats de l'agence, a assuré son PDG Fabrice Fries, auditionné mercredi par les sénateurs. "J'ai ouvert le sujet d'une cession éventuelle de l'immeuble qui crée beaucoup d'émotion à l'agence", a-t-il indiqué devant la commission de la culture et de la communication du Sénat, précisant qu'une décision serait prise "d'ici la fin de l'année". L'AFP ne quittera son siège parisien, situé place de la Bourse, que si un déménagement permet de "dégager une plus-value et renforcer l'efficacité du travail", a-t-il souligné. Un déménagement aurait des "coûts de sortie fiscaux très élevés" qui "mangeraient 20% de la plus-value", a précisé Fabrice Fries, constatant néanmoins que la plupart des grands médias étaient désormais installés "en périphérie" de la capitale. Les six syndicats de l'AFP et la Société des journalistes (SDJ) se sont inquiétés mardi du projet de déménagement, refusant de "cautionner l'hypothèse d'une vente de l'immeuble historique de l'Agence à Paris". "Vouloir rester au cœur de Paris n'est pas un caprice de salariés réfractaires au changement : c'est l'avenir de l’AFP et de ses personnels qui nous préoccupe", ont-ils indiqué dans un communiqué. Le PDG élu en avril doit présenter ce jeudi au conseil d'administration de l'AFP un "programme de réduction des coûts", dont "l'objectif est de revenir à l'équilibre assez vite" en "contenant" notamment "la progression de la masse salariale". "En continuant comme ça, on va dans le mur", a lancé Fabrice Fries. "Le plan que je vais présenter demain n'est pas un plan sauvage qui va mettre le feu à la maison", a-t-il assuré aux sénateurs, estimant que "l'Etat attend que l'Agence montre qu'elle arrive à contenir sa masse salariale, on ne parle même pas de la réduire".

Objectif vidéo

L'AFP compte "retrouver de la croissance par un accent massif sur la vidéo, chiffré, avec un outil de présentation des contenus compétitif et avec une nouvelle dynamique marketing et innovation", a poursuivi le patron de l'AFP. L'agence n'a en revanche "pas les moyens", a-t-il estimé, d'être "un très grand du marché de l’information sportive", l'une des priorités de son prédécesseur Emmanuel Hoog. L'AFP a déposé une demande de financement dans le cadre du fonds de transformation de l'action publique à hauteur de 16 millions d’euros, a annoncé le PDG, demande qui "serait compatible avec les règles communautaires sur les aides d’Etat", contrairement, selon lui, aux 60 millions d'euros sur 5 ans demandés par la précédente direction. Concernant les négociations commerciales avec la presse régionale, "tendues" depuis quelques années, le PDG a proposé la création d'un "groupe de réflexion" pour "qu’on sorte de ce face-à-face".

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