iTélé : vers un ‘’déplafonnement’’ des indemnités pour les salariés qui souhaiteraient partir

Le groupe Vivendi, propriétaire d'iTélé dont la rédaction entame sa 4ème semaine de grève, a proposé un "déplafonnement" des indemnités pour les salariés qui souhaiteraient partir, a indiqué lundi à l'AFP une source proche de la direction du groupe. "Il n'y a quasiment plus de points de blocage", a assuré cette source, alors que la grève a été reconduite jusqu'à mardi midi par les salariés ( 82% des voix - 76 favorables, 8 contre, 9 abstentions)  qui demandent notamment la mise à l'écart de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini et la définition d'un projet stratégique et éditorial "clair et précis". La ministre du Travail Myriam El Khomri reçoit ce lundi à 16H30 trois syndicats de la chaîne d'info.  Il s'agira de la première rencontre entre un membre du gouvernement et des représentants des salariés de la chaîne privée, qui réclament la mise à l'écart de l'animateur Jean-Marc Morandini, la signature d'une charte éthique, la nomination d'un directeur de la rédaction distinct du directeur général, et plus largement la définition d'un projet stratégique et éditorial "clair et précis".

17 SDJ en soutien

Dans un communiqué commun, 17 sociétés de journalistes* souligne que ce conflit est "inédit" car ses journalistes se battent pour "leur indépendance" et pas pour des questions sociales, ont-elles indiqué.  Il s'agit d'un "conflit inédit car il ne porte pas seulement sur des questions économiques et sociales, mais sur ce qui fonde la crédibilité du travail des journalistes : leur indépendance", ont-ils déclaré. "Nous, signataires de ce texte, dénoncerons toujours les défaites de l'information face aux intérêts des actionnaires qui investissent dans les entreprises de média. À ce titre, la crise que traverse la rédaction d'iTélé est exemplaire", estiment les journalistes.  "Nous regrettons la manière dont les responsables de Canal+ jouent la montre, en espérant faire céder la rédaction d'iTélé sans jamais avoir tenté de créer les conditions d'un dialogue sur le projet éditorial contesté par les grévistes", accusent les signataires du communiqué. Ils demandent "aux pouvoirs publics, au CSA, à la direction d'iTélé et aux actionnaires de la chaîne d'accepter qu'une entreprise de presse et qu'un projet éditorial ne peuvent se développer sans l'adhésion de sa rédaction". Les signataires demandent également de "créer les conditions d'un dialogue et de trouver rapidement une issue à cette crise beaucoup trop longue pour les journalistes de la chaîne, ses téléspectateurs et toute la profession".

* : les SDJ de RTL, BFMTV, France 2, France 24, franceinfo.fr, Libération, Le Monde, L'Humanité, Le Parisien-Aujourd'hui en France, Sud-Ouest, Presse Océan, RFI, France Inter, Mediapart, Premières lignes production, TF1, de l'AFP et le collectif Informer n'est pas un délit.

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