Les lettres de l’été
Si les vacances ne sont pas terminées pour tout le monde, la Matinale reprend ses habitudes après un mois d’interruption. Une période pas si tranquille qui a notamment été marquée par la mue de Google en Alphabet. Le 10 août, le géant américain annonçait en effet une vaste refonte de sa structure au terme de laquelle Google sera une filiale à 100 % d’une nouvelle société baptisée "Alphabet". Celle-ci remplacera Google à Wall Street, et sera dirigée par les cofondateurs du groupe internet Larry Page et Sergey Brin, avec les fonctions respectives de "directeur général" et de "président", tandis qu’Eric Schmidt sera président exécutif du conseil d’administration, Google étant dirigée par Sundar Pichai, actuellement vice-président en charge des produits du groupe. L'opération est officiellement destinée à séparer les activités originelles (le search, la publicité, la cartographie, les applications, la vidéo et le mobile) des nombreuses diversifications. Des activités aussi diverses que la santé (Calico), les alarmes connectées (Nest), la fibre optique (Fiber) ou le X-Lab et ses nouveaux projets (drones, voiture sans chauffeur et autres Google Glass…). Un ensemble dans lequel Google est naturellement représenté par la lettre G.
Trois semaines auparavant, c’est Patrick Drahi, qui avait tiré de nouvelles lettres. Après SFR, il mettait la main sur BFM et RMC, le patron d’Altice va lancer une OPA avec Alain Weill sur NextRadioTV pour un montant de 595 millions d’euros. Aux termes de l’accord, Patrick Drahi pourra racheter d’ici 2019 la totalité du capital de NextRadioTV qui viendra ainsi s’ajouter à Libération, l’Express, Stratégies… en attendant la suite, tant le nouveau venu dans le monde des médias semble insatiable.
Pendant ce temps, de l’autre côté du Channel, c’est l’un pilier de la presse, The Economist, qui changeait de main, passant du P de Pearson au A d’Agnelli. C’est en effet Exor, la holding de la famille propriétaire de Fiat qui a, pour 469 millions de livres (soit 663 millions d’euros), pris 43 % du groupe qui édite l’hebdomadaire crée en 1843 pour défendre le libre-échange. L’opération achève le désengagement du groupe Pearson des médias quelques semaines après la vente du Financial Times au japonais Nikkei.