Une majorité de Français est favorable à une “labellisation” des médias

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La création d’un label des médias sur Internet séduit 62% des Français, selon le 39e baromètre La Croix – Verian - La Poste présenté à Médias en Seine ce 15 janvier. Ils ne sont que 16% à penser que ce serait “une mauvaise chose”, tandis que 22% des sondés n’ont pas d’avis à ce sujet. L’idée de “labellisation” a fait débat cet hiver à la suite d’un discours porté par Emmanuel Macron. Le président de la République avait mis en avant lors d'une rencontre avec les lecteurs de la Voix du Nord (groupe EBRA) fin novembre, la certification de Reporters sans frontières, Journalism Trust Initiative, détenu par le groupe. Selon lui, ce type de label est nécessaire pour lutter contre la désinformation qui circule sur les réseaux sociaux et les faux sites d'information. "Ce n'est pas l'État qui doit vérifier... Il faut que les journalistes garantissent à leurs lecteurs qu'eux ont vérifiés avec une déontologie, dont ils sont les garants entre eux, et une méthodologie qui est bâtie entre eux et garantie par des tiers, des pairs", avait-il déclaré.

Pour le Baromètre, ce label serait “attribué par une agence indépendante composée de professionnels des médias”. Près de 61% des répondants pensent que cette mesure permettrait de lutter contre la désinformation et de renforcer la confiance des Français dans les médias, ainsi que d’améliorer la transparence sur les pratiques journalistiques. Ils sont également 57% à estimer qu'un label les aiderait à mieux s’informer en identifiant les sites et médias fiables. Mais 49% pensent qu'une mesure similaire risquerait de favoriser les grands médias au détriment des plus petits acteurs. Seuls 35% estiment qu'un label représenterait une menace contre la liberté de la presse. Ils sont d’ailleurs une large majorité (65%) à penser que la liberté de la presse est actuellement menacée en France.

La confiance toujours en berne

La défiance reste d'actualité. Au sein de la population 61% indiquent se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité. Même si ce pourcentage baisse d’un point par rapport à 2025, il a tout de même progressé de 7 points comparé à janvier 2023. Les Français font avant tout, excepté leurs proches, confiance aux journaux télévisés d’information (65%) et à la presse régionale (63%) pour s'informer. À l'inverse, les services d’intelligence artificielle comme ChatGPT (28%), les réseaux sociaux (27%) et les créateurs de contenu sur les plateformes (20%) inspirent peu de confiance.

Pour renforcer la confiance dans les médias, les Français citent en premier la séparation claire entre information et opinion (78 %), suivi de l’indépendance des journalistes vis-à-vis des propriétaires des médias (77 %) ainsi que la transparence sur les sources de financement et la transparence sur l’usage de l’intelligence artificielle (75 %). Pour ce qui est du financement, le public a plus facilement confiance en un média financé par les abonnements des lecteurs, des internautes ou des téléspectateurs (52%). Suivent un média financé par les impôts et une dotation d’argent public (42%), par la publicité (40%) puis en dernier par un fonds ou un actionnaire privé 36%).

39e baromètre La Croix – Verian - La Poste
(© 39e baromètre La Croix – Verian - La Poste )

Malgré cette défiance latente, l’intérêt des Français pour l’actualité demeure élevé (71 %). Cet attrait est en baisse de 5 points par rapport à l’année précédente, mais il reste plus élevé que sur la période 2016-2022, lorsque le pourcentage ne dépassait pas les 70%.

Méthodologie : enquête réalisée sur Internet du 21 au 30 novembre 2025 auprès d’un échantillon de 1 500 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas et de la stratification par région et catégorie d’agglomération.

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