Pré-rapport : le CSA joue l'apaisement, France Télévisions contre-attaque...
Le CSA, qui prépare un bilan de la présidence de Rémy Pflimlin à France Télévisions, a pris ses distances mercredi avec un pré-rapport qui a fuité dans la presse mardi. Ce "document préparatoire élaboré au sein du groupe de travail compétent ne saurait préjuger ou faire préjuger de sa position collégiale", explique le CSA, qui choisira dans six mois le prochain président de France Télévisions. Le pré-rapport dresse un bilan sévère de la présidence Pflimlin, tant sur la qualité des programmes et de l'information que sur la répartition des chaînes et le management du groupe. Le Conseil n'a jamais divulgué de date de publication de ce bilan, imposé par une loi de fin 2013. Mais le pré-rapport doit être examiné en séance plénière cette semaine, selon une source proche du dossier. Toujours sans donner de date, le CSA a annoncé mercredi plusieurs étapes d'examen du document - d'abord les grandes orientations, puis le rapport lui-même pour une délibération collégiale - procédure qui prendra visiblement du temps.
France Télévisions ne s'en laisse pas compter
De son côté, le président de France Télévisions Rémy Pflimlin a adressé un message à l'ensemble des collaborateurs du groupe d'audiovisuel public, selon Le Figaro. Il y précise que ce pré-rapport « ne pouvait correspondre à ce que veut exprimer » le CSA et que dans ce cadre il lui a demandé un « démenti ». Selon lui, « France Télévisions n’aurait pu accepter une mise en cause aussi éloignée de la réalité et aussi peu étayée » tout en appelant de ses vœux « un régulateur rigoureux, transparent et compétent, qui évalue (son groupe) en toute impartialité et l'aide à progresser, ainsi que le prévoient la lettre et l'esprit de la loi de 2013 relative à l'indépendance de l'audiovisuel public ». Et Rémy Pflimlin de souligner que « ces jugements de valeur sont déconnectés de la relation de nos chaînes avec les Français » tout en indiquant que ce pré-rapport « méconnait chacune de nos antennes ainsi que nos organisations, émet des affirmations erronées ou caricaturales et relève également d'une ingérence dans l'information. S’il avait reflété, même partiellement, la position du CSA, il aurait révélé un profond déficit méthodologique et posé la question du rôle de l'instance vis-à-vis de notre entreprise relativement à celui de notre actionnaire et des élus du peuple français à qui nous avons également des comptes à rendre », conclut le président de France Télévisions.