Querelle de voisinage Mediaset-Vivendi

La fille du magnat italien des médias Silvio Berlusconi, Marina Berlusconi, qui est présidente de la holding de la famille, a estimé mercredi que Vincent Bolloré était "le classique voisin que personne ne voudrait avoir". Le groupe de télévision Mediaset, propriété de la famille Berlusconi, et sa holding Fininvest sont à couteaux tirés avec Vivendi, dont le principal actionnaire est le groupe Bolloré. Avec Fininvest, Mediaset réclame devant la justice italienne trois milliards d'euros de dommages et intérêts à Vivendi --selon des chiffres publiés par le groupe français-- pour être revenu à l'été 2016 sur un accord prévoyant l'achat de 100% du bouquet de chaînes payantes Mediaset Premium et sur un échange de participations croisées à hauteur de 3,5%. Vivendi est monté quelques mois plus tard à 28,8% dans le capital de Mediaset, au cours d'un raid éclair qualifié d'"hostile" par la famille Berlusconi. "Personne n'a envie de passer le reste de sa vie au tribunal, mais nous avons pu voir de près la fiabilité de Bolloré et de ses collaborateurs : il est le classique voisin que personne parmi nous ne voudrait avoir", a affirmé Marina Berlusconi, en marge de l'assemblée générale des actionnaires de Mondadori, un autre groupe de la famille qu'elle préside. "Il réussit à causer des dommages importants aux autres, tout en s'en faisant aussi à lui", a-t-elle ajouté. Marina Berlusconi a confirmé que des discussions étaient "en cours" avec différents acteurs pour une potentielle alliance dans la télévision européenne en vue de contrer Netflix, tout en rejetant une éventuelle participation de Vivendi à celle-ci. Avant leur différend, ce projet était initialement porté par les deux groupes. Mediaset a par ailleurs démenti le week-end dernier la tenue de négociations pour une fusion avec le groupe de télévision allemand Prosiebensat1 Media.

   Mediaset, détenu à 44,18% par Fininvest, tiendra jeudi son assemblée générale d'actionnaires dans la banlieue de Milan (nord). Selon la presse italienne, Vivendi veut y participer, avec ses 9,6% de capital. Conformément à une décision du régulateur italien l'Agcom des télécoms, Vivendi a transféré 19,19% des actions qu'il détient dans Mediaset à une société financière, Simon Fiduciaria. L'Agcom avait en effet estimé qu'avec 23,9% de Telecom Italia et 28,8% de Mediaset, Vivendi enfreignait la loi sur la pluralité des médias. Le 27 juin dernier, Mediaset avait empêché Simon Fiduciaria de participer à son AG, arguant que les actions qu'il gère avaient été acquises par Vivendi en violation de la loi sur la pluralité des médias.

 

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