Rachat de Challenges : lancement de deux procédures juridiques
Dans le cadre de l’opération de finalisation du rachat cette fin d’année de Challenges par LVMH, deux procédures juridiques viennent d’être intentées. En effet, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes (SNJ) annoncent avoir déposé une requête d'urgence devant le Tribunal administratif de Paris afin que la France mette en œuvre « le contrôle des concentrations sur le plan du pluralisme et de l'indépendance éditoriale ». De même, le SNME-CFDT et le SNJ-CGT ont pour leur part saisi l’Autorité de la concurrence afin qu’elle se prononce « sur l’abus de position dominante du groupe LVMH résultant de la présente opération ». Pour les demandeurs, Bernard Arnault, à la tête du groupe de luxe LVMH, est déjà actionnaire du quotidien économique et financier Les Echos*. Alors le rachat de Challenges « lui permettra d’avoir une mainmise sur l’ensemble des principaux titres économiques du pays », assurent-ils. Pour eux, « cette concentration risque, par conséquent, de limiter le pluralisme externe des médias - à savoir la diversité de l’offre médiatique sur une thématique - et, in fine, le droit à l'information fiable, pluraliste et indépendante des citoyens » alors que ce droit est affirmé dans le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA), entré en application en août dernier, rappellent-ils. Ces procédures ne peuvent toutefois suspendre la vente fin décembre.
En novembre, les rédactions de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche avaient demandé à Bernard Arnault, sans succès selon eux, de signer leurs "chartes d'indépendance" sous leurs formes actuelles. Jeudi, les sociétés des journalistes des trois titres ainsi que leurs représentants syndicaux ont déclaré espérer que les actions engagées en justice "feront prendre conscience aux pouvoirs publics et aux acteurs concernés de la nécessité de préserver le pluralisme des médias".
* : Bernard Arnault détient le groupe Les Echos-Le Parisien, qui comprend les quotidiens éponymes et Radio Classique. Il a aussi racheté cette année la totalité du quotidien libéral L'Opinion et du site d'actualité financière L'Agefi, dont il détenait déjà des parts.