Radio France : un rapport remet en cause le projet de suppressions de postes

Les suppressions de postes prévues ces prochaines années par la direction de Radio France, plus de 300, sont "surdimensionnées", affirme un rapport indépendant consulté dimanche par l'AFP, à l'avant-veille d'une journée de grève prévue mardi. Sur demande du Comité social et économique de Radio France, le cabinet d'experts-comptables Tandem a confronté les comptes de l'entreprise au projet "Radio France 2022" présenté début juin par Sibyle Veil, la présidente du groupe. Selon les premières conclusions de Tandem, la hausse des charges de personnel sur les prochaines années a été surévaluée de 8,7 millions d'euros. La direction de Radio France, qui prévoyait entre 270 et 390 départs volontaires, pourrait donc épargner 118 postes, selon ce nouveau calcul.    Dans un contexte d'audiences excellentes et de bons résultats financiers, les comptables de Tandem s'interrogent aussi sur la "soutenabilité" de ces suppressions de postes pour les salariés qui restent, sur la capacité réelle de Radio France à avoir moins recours aux CDD, et sur les ambitions du réseau France Bleu alors que ses effectifs baissent. La direction de Radio France, de son côté, "s'apprête à contester fermement les analyses du cabinet Tandem", a déclaré à l'AFP la directrice des ressources humaines de Radio France, Catherine Chavanier.

La direction présentera ses observations lors d'une réunion du Comité social et économique prévue à partir de mardi, jour choisi par six syndicats de Radio France pour lancer un appel à la grève contre ce plan qui constitue selon eux un "appauvrissement de l'entreprise". La direction de Radio France souhaite par ailleurs désigner un autre expert indépendant pour analyser les hypothèses économiques sur lesquelles se basent ce projet "Radio France 2022". Les délais sont serrés puisque la direction compte négocier ce nouveau "pacte social" dès la rentrée, demandant aux salariés de rogner sur leurs vacances pour éviter des suppressions de postes. Le groupe veut réaliser 60 millions d'euros d'économies d'ici 2022, pour répondre à la baisse de la contribution de l'Etat (moins 20 millions d'euros sur quatre ans), anticiper une hausse des charges de personnel et investir davantage dans le numérique.

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