Radio France : un week-end de négociations... mais toujours la grève

Dominique-Jean Chertier, le médiateur chargé de dénouer la crise sociale à Radio France a déclaré dimanche soir que "la première étape de (sa) mission, celle qui consistait à la reprise d’un dialogue social, est terminée" après avoir remis des propositions à la direction et aux syndicats, mais ces derniers, "amers," déplorent toujours des "points de blocage". "J’ai remis mon texte à la direction, sans attendre sa réponse, et aux organisations syndicales, sans attendre leur réponse", a indiqué Dominique-Jean Chertier, avant de quitter Radio France vers 20 h 30. La ministre de la Culture Fleur Pellerin, à qui le médiateur a remis le document, a estimé que ce texte ouvrait "la voie d’un compromis permettant une sortie du conflit" et appelé "chacun" à "prendre ses responsabilités. Le médiateur discutait depuis vendredi avec la direction et les syndicats pour trouver une issue au conflit qui se poursuit depuis 25 jours. Les syndicats sont apparus un peu surpris et globalement déçus par l’issue de ces négociations et la teneur du document de 3 pages remis par le médiateur. "On a l’impression que le médiateur n’a pas servi à grand-chose", a estimé Guillaume Baldy, du syndicat Unsa. "Nous allons soumettre en assemblée générale et à nos adhérents le texte, qui comporte des points de blocage", a-t-il ajouté, regrettant par exemple que la mutualisation des programmes des stations locales de France Bleu, contestée par les syndicats, "reste possible". Pour Jean-Paul Quennesson, délégué SUD, ce document donne "peu de garanties" sur la question de l’emploi. "À ce stade, on émet beaucoup de réserves", a-t-il dit, tout en reconnaissant que cette médiation avait permis des avancées, notamment en donnant la parole aux syndicats. "On a une impression amère", a commenté Jean-Eric Ziolkowski, de la CFDT, pour qui ces trois jours de discussions avec le médiateur se sont apparentés à une "thérapie de groupe". Une assemblée générale est prévue lundi matin à 10 h 00, au cours de laquelle le personnel sera appelé à se prononcer sur la poursuite de ce mouvement de grève qui perturbe toujours les antennes, le plus long qu’ait jamais connu le groupe. Le recours à un médiateur avait été posé comme préalable par les syndicats de Radio France à la reprise des discussions avec la direction et préconisé par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui avait nommé Mathieu Gallet à la tête de la radio au début de l’année dernière. Les syndicats s’opposent à plusieurs mesures du plan stratégique de M. Gallet, qui prévoit notamment une "réduction nette d’effectifs de 250 à 330 équivalents temps plein", avec 300 à 380 départs volontaires.

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