Redevance: Hollande prône une assiette plus large
François Hollande a prôné jeudi "une assiette plus large et plus juste" pour la redevance audiovisuelle qui concourt au financement de l'audiovisuel public, lors d'une intervention devant le CSA. Notant que l'"on peut regarder les chaînes du service public sur d'autres instruments que la télévision", le chef de l'État a indiqué que "l'objectif est qu'à rendement constant, sans que ça ne coûte rien de plus à personne, il puisse y avoir une assiette plus large et plus juste" pour la redevance. "La seule détention du poste de télévision ne peut pas être exclue de cette réflexion", a-t-il souligné, alors qu'en cette période de vaches maigres, certains voudraient voir le paiement de la redevance élargi aux possesseurs d'ordinateurs, de tablettes ou de smartphones. "Je rassure, l'objectif n'est pas d'accroître les recettes", alors que le budget 2015 prévoit une augmentation de 3 euros du montant de la redevance, à 136 euros, a-t-il toutefois tempéré, lors de cette intervention à l'occasion d'un colloque organisé par le CSA. La ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin a fermé la porte cette année à l'élargissement de l'assiette de la redevance, mais indiqué dernièrement qu'une réflexion était en cours.
L'intégration des régulations des télécoms et de l'audiovisuel
Le président de la République a également annoncé jeudi qu'il avait demandé au gouvernement de "faire rapidement des propositions" sur "l'intégration" des régulations de l'audiovisuel et des télécoms. "Il est temps de faire évoluer notre régulation dans le sens de l'intégration, comme ça s'est fait dans d'autre pays européens", a déclaré le chef de l'Etat. Ainsi, François Hollande a-t-il annoncé avoir "demandé aux ministres concernés", Fleur Pellerin (Culture et Communication) et Emmanuel Macron (Economie et Numérique), de "faire rapidement des propositions sur cette mutation" pour engager "un débat". Sans évoquer le serpent de mer d'une fusion de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et du CSA, le chef de l'Etat a jugé "indispensable de mieux articuler les règles applicables à l'audiovisuel et aux télécommunications". "Elles ne peuvent plus être pensées de manière dissociée", a-t-il argué. Les "sujets d'intérêt commun entre l'Arcep et le CSA" induits "par l'évolution des techniques" sont "de plus en plus nombreux avec des acteurs économiques qui se développement à la fois dans les télécommunications et dans l'audiovisuel", dit-il. "Il n'est pas concevable de nier la spécificité de chacun des secteurs ou des différents sujets qui supposent donc des mécanismes spécifiques", a cependant tempéré M. Hollande.