Résultats semestriels : TF1, M6, Vivendi, JCDecaux et Lagardère retrouvent le sourire

Euros

Fin juillet, les groupes TF1, M6, Vivendi, Lagardère et JCDecaux publiaient leurs résultats semestriels qui signaient ainsi leur retour à la croissance.

- Le groupe TF1 a enregistré au premier semestre un chiffre d'affaires de 1,13 milliard d'euros, en croissance de 27,8% sur un an et revenant presque à son niveau de 2019, a-t-il annoncé. Les revenus publicitaires bondissent notamment sur un an de 30,5% à 802,4 millions d'euros. Côté production, l'activité des studios Newen reprend avec un chiffre d'affaires de 145,3 millions d'euros, en hausse de 45,6%. En revanche, les résultats du pôle web Unify ne sont plus donnés à part. "Le chiffre d'affaires publicitaire digital s'élève à 63,1 millions d'euros, en hausse de 10,4 millions d'euros par rapport à fin juin 2020, principalement chez MyTF1. Le chiffre d'affaires publicitaire des sites internet (Marmiton, Doctissimo) est en légère baisse par rapport à fin juin 2020", précise le groupe. TF1 ne maintient d'ailleurs plus l'objectif d'un retour à une marge opérationnelle courante positive pour Unify en 2021. Le groupe dégage un taux de marge opérationnelle courante de 15% sur le semestre, et anticipe un retour de cet indicateur à deux chiffres (entre 10% et 15%) sur l'exercice complet. Le résultat opérationnel courant (169 millions d'euros) profite également d'un crédit d'impôt de l'ordre de 20 millions d'euros, et dépasse légèrement le niveau atteint en 2019. Le résultat net est multiplié par près de 3 à 108,4 millions d'euros, intégrant des premières charges exceptionnelles de 2,4 millions d'euros liées au projet de fusion entre TF1 et M6, qui doit désormais être étudié par le Conseil supérieur de l'audiovisuel et l'Autorité de la concurrence.

- Le groupe M6 (M6, RTL, etc.) a retrouvé au premier semestre un résultat opérationnel équivalent à celui de la même période en 2019, avant la crise sanitaire qui avait provoqué un effondrement des revenus publicitaires. Le groupe a comptabilisé sur le semestre un résultat opérationnel courant (Ebita) de 165 millions d'euros, soit près du double d'il y a un an. Hors éléments exceptionnels (dont des aides publiques à hauteur de 16,9 millions d'euros), l'Ebita "retrouve son niveau du 1er semestre 2019" à 148 millions d'euros, et la marge opérationnelle atteint 23% (contre 20,7% en 2019). En termes d'activité, le chiffre d'affaires du groupe a progressé sur un an de 15,7% à 645 millions d'euros mais reste inférieur de 9,7% par rapport à 2019. Les revenus publicitaires, notamment à la télévision, sont revenus au niveau pré-pandémie à 454 millions d'euros, et les ont même dépassés de 7,5% au deuxième trimestre. Les revenus des radios profitent également de l'embellie mais restent en retrait par rapport à 2019 (-11,2%). Les perspectives sont plus incertaines pour l'activité de production et droits audiovisuels. Les cinémas n'ayant rouvert que le 18 mai, les films distribués par la filiale SND n'ont fait que 500.000 entrées sur le semestre, et la récente instauration d'un pass sanitaire obligatoire dans les salles menace désormais les films déjà ou prochainement à l'affiche (Kaamelott, OSS 117, Délicieux). Le chiffre d'affaires issu des diversifications du groupe a également fortement diminué à 41 millions d'euros notamment suite à la cession d'iGraal (e-commerce) et de l'activité opérationnelle du téléachat. Gonflé il y a un an par ces importantes plus-values exceptionnelles, le résultat net du groupe diminue cette fois de 26% à 119 millions d'euros.

Le groupe Vivendi a vu son bénéfice net reculer de 35,5% au premier semestre, à 488 millions d'euros, reflétant la baisse de la valeur de ses participations dans Spotify et Tencent Music Entertainment, mais le géant français des médias affiche parallèlement des activités en croissance. Sur le semestre, le chiffre d'affaires de Vivendi a atteint 8,2 milliards d'euros, en progression de 8,5%, selon un communiqué.   La major Universal Music Group voit ses revenus augmenter de 10,7% à 3,8 milliards d'euros, et le groupe Canal+ poursuit sa progression, avec une hausse de 4,1% à 2,8 milliards d'euros, grâce notamment à sa filiale de production Studio Canal (+44,8%). Le nombre d'abonnés individuels au groupe Canal+ atteint quant à lui 8,9 millions, en hausse autant parmi les abonnés en auto-distribution (+249.000 en un an) que via les opérateurs télécoms (+121.000). Fortement affectés l'année dernière par la pandémie, les revenus de la filiale de publicité Havas rebondissent de 2,9% à 1 milliard d'euros tandis que ceux du groupe d'édition Editis bondissent de 42% à 372 millions d'euros. Seule la filiale de jeux vidéo Gameloft marque le pas avec une baisse de 8,1% de ses revenus à 120 millions d'euros. Surtout, Vivendi se félicite de voir son endettement financier net ramené à 2,9 milliards d'euros, contre près de 5 milliards fin 2020.  Vivendi prévoit même une trésorerie nette très positive à plus de 2,4 milliards d'euros après la vente escomptée d'une participation supplémentaire d'UMG au financier américain Bill Ackman, dans le cadre d'un projet approuvé le 22 juin par les actionnaires, visant à détacher la major le 21 septembre et l'introduire en Bourse. "Après ces opérations, Vivendi disposera d'une marge de manœuvre financière de l'ordre de 10 milliards d'euros, composés de titres de participations liquides et de capacités de financement importantes", explique dans son communiqué le groupe contrôlé par Vincent Bolloré. Vivendi prévoit de l'utiliser pour racheter ses propres actions après la distribution d'UMG, ou pour poursuivre ses acquisitions, comme il l'a fait récemment pour les magazines Prisma Media (consolidés dans les comptes depuis le mois de juin) ou en devenant premier actionnaire du groupe Lagardère, désormais devenu opéable.

- Le groupe Lagardère a réduit sa perte nette au premier semestre à 171 millions d'euros, une amélioration sensible par rapport à la même période l'an dernier (-422 millions d'euros), quand le groupe était très durement touché par le confinement. Sur le semestre, Lagardère a enregistré un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros, quasi stable (-0,6%) sur un an et en progression de 5% à taux de change et périmètre constants. Son résultat opérationnel (l'indicateur privilégié par le groupe) repasse dans le vert à 3 millions d'euros, contre une perte de 217 millions d'euros il y a un an. L'édition (Hachette) profite d'un engouement pour la littérature, l'illustré et les bandes dessinées avec un chiffre d'affaires en progression de 16% à 1,1 milliard d'euros, et un résultat opérationnel de 110 millions d'euros, "au plus haut depuis 10 ans". L'autre branche du groupe, l'activité de distribution dans les gares et aéroports, reste de son côté fortement affectée par la baisse du nombre de passagers aériens (chiffre d'affaires de 831 millions d'euros, en baisse de 12% sur un an), malgré un fort rebond au second trimestre.  L'Amérique du nord et la Chine sont en croissance grâce à la reprise des vols domestiques. Enfin, les médias du groupe Lagardère (Europe 1, Paris Match, le JDD) voient leur chiffre d'affaires progresser de 11% grâce à l'activité publicitaire. "Le groupe estime que (sa) liquidité est suffisante pour couvrir ses besoins de financement des douze prochains mois", explique-t-il dans un communiqué.

- Le groupe JCDecaux a réduit sa perte nette au premier semestre à 161,3 millions d'euros, contre 254,9 millions au plus fort de la pandémie de Covid-19, et table sur une croissance de plus de 20% au 3e trimestre de son activité, repartie à la hausse au premier semestre. Sur les six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a progressé de 2,69% à 994,4 millions d'euros. "Alors que le premier trimestre a été fortement impacté par d'importantes restrictions de mobilité dans le monde entier, au second trimestre nos activités Mobilier Urbain et Affichage ont connu un fort rebond avec le retour de niveaux d'audience conséquents en ville à la suite de la levée progressive des mesures de confinement", a commenté le président du directoire et co-directeur général Jean-François Decaux.  Selon lui, le second trimestre a été "meilleur qu'attendu, à +80,2% de croissance organique (à périmètre et taux de change constants, NDLR) grâce à une forte reprise de l'activité mobilier urbain dans toutes nos régions et plus particulièrement en Europe". En revanche, l'activité de publicité dans les lieux de transport, notamment les aéroports, reste très affectée en raison d'un "trafic aérien international quasi inexistant", sauf en Chine où elle affiche une "croissance à deux chiffres" grâce au retour à la normale du trafic aérien domestique. JCDecaux prévoit désormais pour le troisième trimestre une croissance de son chiffre d'affaires organique ajusté (l'indicateur privilégié par le groupe) supérieure à +20%, "à condition que les restrictions de mobilité ne soient pas significativement renforcées". La situation sanitaire mondiale "ne nous permet pas d'être complètement sereins sur les confinements qui pourraient être instaurés dans les prochains mois", a pour sa part commenté l’autre co-directeur général du groupe, Jean-Charles Decaux, lors d'une audioconférence. Sur le semestre, le groupe qui a fortement réduit ses coûts par rapport à l'avant-crise et supprimé les dividendes pour la deuxième année consécutive, a maintenu sa dette nette "quasiment stable sur un an à environ 1,2 milliard d'euros à fin juin 2021". Dans le détail et à données constantes, l'activité Mobilier urbain a progressé sur le semestre de 17,2%, tandis que les activités Transports et Affichage ont chuté respectivement de 16,5% et 10,9%. La marge opérationnelle ajustée est de nouveau positive (+31,4 millions d'euros) sans toutefois suffire pour revenir dans le vert au niveau du résultat d'exploitation, en raison des actifs immobilisés, a expliqué le groupe.

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