Rodolphe Saadé assure "ne pas s'immiscer dans la ligne éditoriale" des médias qu'il possède
Rodolphe Saadé a agrandi son empire médiatique après les récentes acquisitions de la chaîne de TNT Chérie 25 et du média vidéo Brut.
Auditionné à l'Assemblée nationale mercredi 17 septembre, Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA CGM, a assuré "ne pas s'immiscer dans la ligne éditoriale" des médias qu'il possède. Outre BFMTV, RMC, Brut, CMA Media possède les journaux La Tribune et La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin. Le groupe vient également de racheter la chaîne télé Chérie 25 (NRJ Group). L'Arcom a donné son accord le 17 septembre pour que la branche médias du groupe, CMA Media, prenne le contrôle de la société Chérie HD détenue par le groupe NRJ. La chaîne Chérie 25 change ainsi de nom pour devenir "RMC Life".
Polka aussi ...
L'empire médiatique du groupe ne s'arrête pas là puisque selon L'informé, CMA Media a pris une participation dans le magazine dédié à la photographie Polka d'Alain Genestar. "Avec une participation de près de 100 000 euros, elle met un pied dans la société éditrice de ce semestriel ainsi que sa galerie parisienne implantée Cour de Venise dans le Marais. Ce soutien se traduit également par des publicités de la Tribune sur le site Internet de Polka", nous apprend L'informé.
Inquiétudes
Vendredi, les Sociétés des journalistes (SDJ) de BFMTV, RMC et La Tribune avaient déploré qu'"une prise de position de Rodolphe Saadé sur l'actualité politique et sociale du pays (ait) été diffusée à l'antenne de BFMTV" jeudi. Il s'agissait d'extraits écrits tirés d'une tribune publiée dans La Provence après le mouvement "Bloquons tout" du 10 septembre. "Les entreprises ne sont pas des adversaires, elles sont des partenaires de la Nation", y écrivait notamment M. Saadé. "Les journaux ou chaînes de télévision qu'on a rachetés ont une indépendance, ce sont des journaux qui sont nuancés, qui offrent le pluralisme. Je ne m'immisce pas dans la ligne éditoriale de ces journaux", a-t-il déclaré lors d'une audition devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée. Il répondait au député France insoumise René Pilato qui suggérait une "grande loi de séparation des entreprises et des médias". "Si des investisseurs comme le groupe CMA CGM ne viennent pas, ces médias malheureusement tombent", a ajouté M. Saadé, rappelant que le secteur des médias est "très sinistré". "Tout ce qu'on fait c'est leur donner cette bouffée d'oxygène (...) On ne leur demande pas de dire blanc ou de dire noir, ça c'est eux qui gèrent", a poursuivi le milliardaire, président de l'armateur CMA CGM.
"Moins de 5%" de CMA CGM
Selon le PDG, les médias ne "représentent qu'une part modeste" des investissements de son groupe, "moins de 5%", mais "répondent à un enjeu majeur, la vitalité démocratique". "Dans un monde traversé par les fake news, je crois que les industriels ont un rôle à jouer pour défendre le pluralisme, l'indépendance et la qualité de l'information. Si nous voulons continuer à produire de l'information en France et résister à la domination des grandes plateformes, nous devons garantir des groupes de médias solides capables de créer des contenus de qualité et de les diffuser sur tous les supports", a-t-il défendu.