Des syndicats défendent « l’enjeu démocratique » des journalistes aux conférences de LFI
Les syndicats de journalistes SNJ, CGT et CFDT ont défendu vendredi comme "un enjeu démocratique" le "libre accès des journalistes" aux conférences de presse de LFI, que Jean-Luc Mélenchon veut restreindre.
Refuser "la présence à une conférence de presse de nombreux journalistes professionnels, en les renvoyant vers un lien YouTube, est une restriction de l'accès à l'information", soulignent-ils dans un communiqué commun. Les trois syndicats rappellent un des principes de la Déclaration des droits et devoirs des journalistes, dite Charte de Munich, selon laquelle "les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d'information". "Un tel principe doit justement permettre à tous les médias, quelle que soit leur taille, leur support et leur ligne éditoriale, de traiter de sujets d'intérêt général", estiment-ils. "C'est également un gage de pluralisme seul à même d'informer correctement les citoyennes et les citoyens pour concourir au bon fonctionnement démocratique", selon le SNJ (Syndicat national des journalistes), la CGT et la CFDT.
"Trier les médias"
Jean-Luc Mélenchon, dont les relations avec la presse se sont envenimées depuis la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, a de nouveau critiqué les médias, qualifiés notamment de "croûtons", jeudi lors d'un meeting pour les élections municipales à Lyon. Le triple candidat à la présidentielle est revenu sur la conférence de presse réservée aux "nouveaux médias numériques", souvent marqués à gauche, qu'il a tenue en début de semaine et pour laquelle de nombreux médias nationaux, dont l'AFPTV, Libération et LCI, n'ont pas obtenu d'accréditation. "Nous ne renoncerons pas" à trier les médias, a assumé Jean-Luc Mélenchon : "Mes camarades feront les conférences de presse qu'ils veulent, en invitant qui ils veulent".
Il s'en est notamment pris à BFMTV, qui diffusait le meeting contre sa volonté - même s'il en avait été averti. Il a appelé les spectateurs de la chaîne d'information en continu à plutôt suivre son allocution sur sa propre chaine YouTube. Interrogée par l'AFP, la direction de la chaîne a expliqué avoir "diffusé une partie de son meeting" comme "régulièrement pour l'ensemble des leaders politique". "C'est la liberté de la chaîne dans le respect du pluralisme et des règles du temps de parole. Les équipes de Jean-Luc Mélenchon en avait été informées la veille de l'événement", a ajouté la direction de BFMTV.