Violences urbaines : une mesure susceptible d'écarter les journalistes contestée en justice
Un syndicat de journalistes demande au Conseil d'Etat de suspendre une mesure selon lui susceptible de permettre aux forces de l'ordre d'écarter les journalistes couvrant les violences urbaines, a indiqué mardi son avocat. Dans un référé-liberté dont l'AFP a eu connaissance, le SNJ-CGT estime que selon le "schéma national des violences urbaines" diffusé le 31 juillet par le ministère de l'Intérieur, "les journalistes sont explicitement écartés en cas de violences urbaines, les empêchant de mener à bien leur (...) mission d'intérêt général". Ce schéma est "particulièrement attentatoire à la liberté de la presse et à la sécurité des journalistes", a indiqué Me Alimi. Cette demande intervient avant deux journées de mobilisation, celle du mouvement "Bloquons tout" mercredi, puis la journée d'action à l'appel des syndicats le 18 septembre.
Dans ces directives, destinées à donner un cadre aux services de police en cas de violences urbaines, il est précisé que "la prise en compte du statut des journalistes (...) ne trouve pas à s'appliquer dans un contexte de violences urbaines". Le SNJ, première organisation de journalistes, avait estimé la semaine dernière "la liberté de la presse menacée" par ces dispositions susceptibles d'empêcher par exemple de couvrir "d'éventuelles dérives policières". La police nationale avait toutefois assuré que "la doctrine (serait) modifiée pour éclaircir le point concernant les journalistes" dont il ne s'agissait pas de "restreindre la présence".
"Provoquer le débat"
En juin 2021, le Conseil d'Etat avait annulé certains points du schéma national du maintien de l'ordre, comme l'obligation pour les journalistes de s'éloigner en cas d'ordre de dispersion. Comme après l'adoption de la loi de sécurité globale de 2021 et la mise en oeuvre de la nouvelle doctrine policière en matière de maintien de l'ordre "dont les plus graves dispositions ont été abandonnées, ce référé-liberté a aussi pour vocation de provoquer le débat", selon Me Alimi.