Les parlementaires se penchent sur les messageries chiffrées

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Des recommandations sont attendues au printemps 2026.

Les membres de la délégation parlementaire au renseignement (DPR) feront au printemps des recommandations au gouvernement sur les messageries chiffrées, dont l'essor modifie le travail des services de renseignement, contraints d'employer des techniques plus intrusives. "La DPR se penchera plus particulièrement sur la problématique des messageries chiffrées au regard de la politique publique du renseignement. (...) Elle publiera des recommandations en la matière au printemps 2026", selon un communiqué publié jeudi. Les services de renseignement sont de plus en plus confrontés aux messageries chiffrées dans leurs travaux d'interception de communication, les obligeant à adapter leurs outils. Ainsi, en 2024, ils ont "un recours de plus en plus fréquent aux techniques les plus intrusives" comme le recueil de données informatiques, relevait en juin la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), chargée de les contrôler, soulignant une utilisation en forte hausse ces dernières années (+27% en 2024, plus que doublé sur cinq ans).

Cette tendance "mérite une très grande attention", avait estimé alors son président, Vincent Mazauric, y voyant le "reflet de la baisse de l'efficacité des interceptions de sécurité", les écoutes téléphoniques classiques, qui restent toutefois majoritaires, et de l'utilisation croissante des services de messagerie chiffrée par les personnes surveillées. La DPR entend également "évaluer la mise en oeuvre des techniques de renseignement, notamment la technique dite de l'algorithme, et les perspectives d'évolution en la matière". Le recours à l'algorithme permet le recours au traitement automatisé des données de connexions pour y déceler une menace, mais il n'est actuellement autorisé que dans la lutte antiterroriste. La DPR, composée de quatre députés et quatre sénateurs, travaillera en outre sur l'entrisme islamique. Par ailleurs, "dans la perspective des échéances électorales de l'année 2027, (elle) évaluera les moyens de lutte contre les ingérences étrangères et toutes les formes de déstabilisation du processus électoral".

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