Bluely et Autolib interdites de pub écolo

Le Jury de déontologie publicitaire est sans appel. Il a estimé dans sa dernière décision que les véhicules électriques d'autopartage Bluely à Lyon et Autolib à Paris, tout comme la Zoé de Renault, ne peuvent se prétendre du qualificatif "écologique" dans leurs publicités. En avril, ce jury avait déjà épinglé pour les mêmes raisons la Bluecub, la voiture électrique d'autopartage de Bordeaux, appartenant comme Bluely et Autolib au groupe Bolloré. L'instance liée à l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité constate que les publicités en question "font état du caractère écologique du service promu sans le moindre élément de relativisation ou de comparaison. Or, poursuit la décision, l'utilisation de ce service induit nécessairement certains effets négatifs sur l'environnement, notamment les pièces d'usure des véhicules utilisés et l'électricité nécessaire à leur rechargement, dont il n'est pas établi qu'elle serait intégralement issue de sources renouvelables". A l'appui de ce jugement, le jury cite une résolution "développement durable" de l'ARPP, stipulant que "dans le cas où il serait impossible de justifier des formulations globales, la publicité doit les relativiser en utilisant des formulations telles que « contribue à". C'est pour non respect de cette résolution que le jury a également ciblé une publicité pour la Zoé de Renault, qui affirmait "pour lutter contre la pollution, roulez en voiture", à la suite d'une plainte de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports. L'association Observatoire du nucléaire qui, de son côté, avait saisi le JDP concernant Bluely et Autolib, comme pour la Bluecub, a salué ces décisions dans un communiqué. "Certes, la voiture électrique ne pollue pas au moment où elle circule, mais elle pollue avant et après, et surtout elle délocalise la pollution". Après le jugement concernant Bluecub, le groupe Bolloré avait assuré "qu'en bons élèves", ils allaient retirer le mot "écologique" de leur publicité. "Mais une fois obtenus des certificats d'énergie renouvelable pour nos véhicules on remettra le mot qu'on veut", avait-il ajouté, estimant que le vrai sujet était "la pollution dans toutes les villes".

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