Dans l’event, le virtuel ne remplacera pas le réel, il le sublimera

Dans la vie, on se prend des baffes, c’est même souvent grâce à cela qu’on avance. 

Il en existe de toute sorte : la méritée, qu’on aurait pu éviter si on s’était montré plus clairvoyant, plus respectueux, moins effronté ; l’injuste, qu’on reçoit à la place d’un(e) autre ; l’inattendue, délivrée à l’occasion d’une dispute absurde ; l’humiliante, que l’on met des jours à digérer ; la salutaire, qui vous remet généralement les idées en place… Enfin, plus rare et plus douloureuse, il y a celle qui vous met KO. Celle-là, elle fait mal, vous tire généralement des larmes, vous fait mettre un genou à terre, et sa marque ne quitte pas votre visage un bon bout de temps. Avec la crise du Coronavirus et le confinement qu’elle a provoqué, c’est cette baffe-là que l’industrie de l’événementiel s’est prise mi-mars.

15 milliards d’euros dans la vue ! Un KO dont tout le monde ne se relèvera pas, nous le savons.

Mais c’est bien connu, c’est quand tout est perdu qu’on n’a plus rien à perdre.

Si la profession est parvenue à sensibiliser le ministre de l’économie qui lui a promis un soutien renforcé, elle ne doit désormais compter que sur elle-même pour se réinventer.

Ma conviction profonde est qu’il faut réfléchir à cette crise comme une opportunité de repenser les modèles. Le calendrier et les conditions de déconfinement présentées par le Premier ministre ne joue pas en notre faveur. Ce n’est pas demain la veille que nous serons en mesure de réunir physiquement du public dans la cadre d’un salon, d’une conférence ou d’un séminaire.

Malgré tout, ce qui est perdu dans la nature même des événements physiques - les rencontres humaines - peut être compensé par les nombreux avantages qu’offre un événement en ligne, quel qu’il soit : multiplex, podcast, webinar, émission TV…

Le gain de temps tout d’abord. Digital ou non, l’organisation d’un événement prend du temps. Cependant, le digital a l’avantage de réduire les étapes organisationnelles et de travailler sur des timings plus serrés que d’ordinaire. Une agilité qui ne doit pas faire oublier les fondamentaux d’un event réussi : une programmation originale et des speakers de valeur, un ciblage pertinent et non conventionnel, une communication anticipée et ciselée autour de dispositifs pertinents pour stimuler les tunnels de conversion. 

Un gain économique, ensuite. Digitaliser permet de faire des économies sur différentes dépenses qui alourdissent vite un budget événementiel. Plus de frais de déplacements, plus de traiteurs etc. De plus, digitaliser c’est aussi optimiser les contenus que vous partagez avec vos audiences. Ainsi il est possible de réutiliser les captations pour des enjeux de communication interne, corporate, mais aussi proposer un replay, créer un podcast…

Un gain environnemental enfin, puisque digitaliser son événement permet de limiter les déplacements et le transport du matériel.

L’événementiel se relèvera plus fort de la crise du Covid-19. L’industrie a su démontrer à de maintes reprises sa capacité d’adaptation exceptionnelle, c’est même l’un de ses principaux atouts. Car dans l’event, il n’y a pas de catastrophes, il n’y a que des contrariétés.

La technique n’étant plus un frein, et même si l’addition s’annonce salée pour 2020/2021, il ne tient qu’à tous les acteurs de la filière de se mobiliser pour en remettre plein les yeux aux visiteurs grâce à des événements offrant une expérience encore plus immersive grâce au digital.

Nous nous retrouverons toujours, n’ayez crainte, c’est le grand Charles qui nous le dit

Car quand le moral est en berne, que les angoisses surgissent, que les nuits sont agitées, les incertitudes trop prégnantes, heureusement, il reste Aznavour :

Nous nous reverrons un jour ou l'autre

Si vous y tenez autant que moi

Prenons rendez-vous

Un jour n'importe où

Je promets que j'y serai sans faute

Noël comme à la pentecôte

A Rio de Janeiro ou à Moscou

Plus on est de fous

Plus on rit de tout

Nous nous reverrons un jour ou l'autre

J'y tiens beaucoup

(Les tribunes publiées sont sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent pas CB News)

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