Demeure la jubilation de me dire que j’en étais

Vincent Behaeghel, fondateur de Behaeghel Creative Studio

Je vois fleurir ces derniers jours différents hommages à cette belle agence que fut CLM/BBDO. J’aimerais y ajouter le mien, car l’histoire serait bien incomplète sans évoquer la mémoire de Christophe Lambert. Il faut se souvenir qu’après la brutale disparition de Philippe Michel en 1993, l’agence s’était lentement dégradée et que c’est Christophe Lambert qui lui a redonné tout son lustre et lui a permis de rayonner au niveau international en reprenant ses commandes avec Anne de Maupéou en 1996.

J’ai eu la chance de bosser chez CLM de 1998 à 2003 où j’ai vécu, en team avec Bernard Naville, les cinq années les plus grisantes et productives de ma carrière. En  accompagnant Pepsi, France Télécom, Wanadoo, EDF, Total ou Luang, nous avons sorti un nombre incalculable de campagnes et récolté toutes les récompenses dont nous pouvions rêver. 

Christophe était un animal publicitaire flamboyant qui possédait un instinct des marques rare et qui n’avait peur de rien ni de personne quand il s’agissait de défendre une idée en laquelle il croyait. Il n’aimait rien tant que se retrouver au centre de l’arène, au propre comme au figuré, pour y exprimer toute la passion qu’il avait pour la création. Il était certes très exigeant et pouvait même se montrer brutal, mais était surtout d’une générosité sans bornes. Il restera à jamais une rencontre déterminante dans ma carrière.

La disparition de CLM est sans doute le signe tangible que notre métier a définitivement changé. Je n’ai aucune nostalgie, aucun regret, juste la jubilation de me dire que j’en étais. 

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