Pourquoi les relations presse deviennent un levier de visibilité générative ?
Dans un contexte de crises politiques, économiques et géopolitiques, les entreprises évoluent dans une incertitude durable. La réponse est connue : réduction des coûts, arbitrages serrés, recentrage sur le business immédiat. Et dans cette mécanique budgétaire, les relations presse figurent souvent parmi les premières lignes ajustées. Ce raisonnement pouvait sembler défendable il y a encore quelques années. Il l’est beaucoup moins aujourd’hui. Car le paysage informationnel a changé.
Du SEO au GEO : un basculement stratégique
Pendant deux décennies, la bataille de la visibilité s’est jouée sur Google. Le référencement naturel dictait les stratégies de contenu. Nous entrons désormais dans l’ère du GEO (Generative Engine Optimization). Les moteurs d’IA (ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity…) ne se contentent plus d’indexer : ils synthétisent et produisent une réponse unique à partir de sources jugées crédibles. Or ces moteurs citent à plus de 95 % des contenus non payés, s’appuient à 27 % sur de l’earned media, privilégient les médias à forte autorité et ignorent largement le paid.
Autrement dit, l’autorité éditoriale redevient centrale. Dans ce nouveau paysage, la presse retrouve un rôle structurant. Les contenus journalistiques : articles, interviews, tribunes, analyses sectorielles… constituent des signaux forts de crédibilité. Ils deviennent l’une des matières premières des moteurs génératifs. Les relations presse ne sont donc plus uniquement un levier d’image. Elles deviennent un levier d’indexation stratégique.
Couper les RP : une économie à court terme, un risque à long terme
Alors que certains budgets marketing sont encore en cours d’arbitrage, les directions cherchent les leviers les plus performants et mesurables. Les RP peuvent apparaître comme ajustables. Ce serait une lecture court-termiste. Car pendant qu’une entreprise réduit sa présence éditoriale, ses concurrents continuent d’être cités, analysés, interviewés. Ils alimentent les corpus publics et structurent le récit sectoriel. Les modèles apprennent à partir de ceux qui parlent. La question n’est plus seulement médiatique. Elle devient conversationnelle : qui est intégré dans la réponse générée ?
Réduire drastiquement ses RP revient donc à ralentir la production de ces signaux d’autorité. À court terme, l’économie budgétaire est immédiate. À moyen terme, l’affaiblissement de la présence générative est progressif mais réel.
Communiquer moins, mais communiquer stratégiquement
Bien sûr, le contexte économique impose des arbitrages. Il ne s’agit pas de maintenir artificiellement des dispositifs coûteux. Mais il devient stratégique de passer d’une logique de volume à une logique d’empreinte : privilégier les tribunes d’analyse sur les grandes mutations sectorielles, intervenir lorsque l’actualité géopolitique ou économique impacte directement votre marché, structurer un positionnement d’expertise cohérent dans le temps.
Dans une logique GEO, la régularité maîtrisée vaut mieux que l’hyperactivité opportuniste. Chaque prise de parole doit contribuer à installer l’entreprise comme source légitime sur des sujets précis. C’est cette cohérence qui nourrit la probabilité d’intégration dans les réponses générées.
On disait les RP en déclin. Elles viennent peut-être d’entrer dans leur période la plus stratégique. Avec le GEO, elles ne sont plus seulement un outil d’influence ou de notoriété. Elles deviennent une brique essentielle de l’architecture de visibilité générative. C’est pourquoi, malgré les contraintes budgétaires, elles ne doivent surtout pas être abandonnées. Elles peuvent être ajustées, parfois, il est vrai, ralenties, mais jamais mises à l’arrêt. Car désormais, ce n’est plus uniquement une question d’image : c’est une question d’existence dans la réponse.
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