Quid d'une communication sociétale, et de survie 

Crise sanitaire, économique, environnementale, le consommateur nage dans un flot d’informations anxiogènes, au point de se déconnecter entièrement des moyens de communication, donc de relais pour les marques.

Se pose alors une question :  comment les agences de presse peuvent-elles accompagner au mieux leurs clients durant cette énième mutation, qui ne concerne pas que les relations publiques ?

Les relations presses connaissent déjà la crise des médias, l’arrivée de nouveaux vecteurs de communication, l’ère du digital avec les influenceurs. Il faut désormais compter sur le Covid-19, qui prend la couronne de ce trône, qu’est celui d’une profonde évolution pour les agences. Une mutation qui passe par l’attente des lecteurs de mettre fin à une certaine langue de bois, une forme de condamnation publique qui donne raison aux écologistes dans leur combat, et tort au système pour son traitement médiatique. Mesures importantes, ton grave, et nécessité d’agir.

Cette action passera par l’unité de la presse et des acteurs de la communication. Une volonté sans maîtrise des résultats, aux vues des restrictions au sein des médias : sous-effectif, rythme de travail accru, pression des rédactions en chef pour des articles qui ramènent du clic... Des marronniers remis en question comme Pâques, la fête des mères et des pères et celui de l’été. À cela vient s'ajouter le sous-effectif en rédaction ! Car si l'hémorragie est présente et profonde depuis un certain temps comme le montre les plans de départs chez Le Figaro ou les 194 fins de contrats pour Mondadori, la raison nous amène à penser que cela n’est que le début d’une mutation sectorielle pour les relations presse.

Un écosystème naissant, chamboulé

815.000, c’est le nombre d’entreprises créées en 2019, soit une hausse de 20% par rapport à l’année précédente. Une certaine idée de l’activité économique en France, qui influe sur le travail des agences de presse, leur spécialisation pour certaines consacrées uniquement aux start-up où la crise du Covid-19 les impacte directement.  Côté traitement, une forte partie de la communauté des communicants se mobilisent pour faire comprendre à chaque client l’importance de préparer la reprise économique au mieux. De même que d'innover, au point de revoir son business modèle. C’est le cas avec l’enseigne Decathlon qui propose des cours de sport en visio, tout comme le magazine Le Parisien.

Quid d’un recentrage en termes de ciblage aussi avec : la génération Z et la presse locale. Malgré la crise des médias, beaucoup de magazines locaux naissent et consolident leur lectorat. Vivre Marseille, Grizette ou encore TOUTMA, pour ne citer qu’eux, comptabilisent à eux trois plus de 100.000 lecteurs. De leur côté, les influenceurs ne chôment pas avec des challenges sur Tik Tok créatifs, des lives, des recettes de pains, de gâteaux à n’en plus finir pour nouer du lien avec leurs abonnés. Dans ce contexte, il est encore plus important de fédérer sa communauté, et de la consolider. Il en va de même avec les journalistes qui eux sont actuellement en pleine recherche de contenu. Deux courants se dégagent de cette crise. La stratégie des médias qui pour s’en sortir proposent la gratuité de leur dernier numéro print, sur le web, pour attirer de nouveaux lecteurs ; des tarifs avantageux, parfois divisés par 3 pour lire le magazine en version numérique ou encore des éditos spéciaux comme celui du ELLE consacré au corps médical. La stratégie des agences de presse qui continuent à communiquer et placent des sujets de fond (modification du rythme de travail, gestion de la crise au sein des chaînes de production ou encore comment la jeune génération start-up s’en sort). Communiquer sur une grande part de magazine print, pour une communication de l’après. Des magazines qui eux sont soumis aux calendriers éditoriaux, avec des deadlines précises et des modifications constantes de leur chemin de fer. Privilégier un rythme de relance accru le vendredi. Fin de semaine oblige, les rédacteurs prennent plus le temps de lire leurs mails, et de sortir la tête de l’eau. Ne pas avoir peur de proposer des contenus collaboratifs et interactifs aux magazines. Ces derniers étants en période de surchauffe, cela sera perçu comme un partenariat win-win !

Le meilleur indicateur pour savoir comment communiquer, reste encore nos propres habitudes d’experts et surtout d’être à l’écoute de cet écosystème qui évolue de façon exponentielle. Commençant par l’axe de la consommation responsable de plus en plus présent pour la stratégie des marques en termes de publicité, et de communication, et aussi de la presse. En 2019, le magazine Mediapart a comptabilisé un total de 169 829 abonnés, soit une progression de 13% comparé à l’an dernier.

Une plus grande place pour les sujets green en presse, entraîne une nécessité de faire de même pour les agences de presse. Elles ne peuvent plus se cantonner à prendre un contrat pour la gloire, ou l’augmentation de leur CA. Mais à défendre des sujets, des portraits et initiatives, qui à leur tour, les mèneront vers une meilleure santé financière et d’image.

(Les tribunes publiées sont sous la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent pas CB News).

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