Audiovisuel public : disparition de France Ô et 190 M€ d’économies demandées

Le 19/07/2018 à 19:21 par Thierry Wojciak

Le 18 juillet, la mission de concertation installée par la ministre de la Culture avec pour objectif d’accompagner la future réforme de l’audiovisuel public a rendu son verdict. Dans un communiqué jeudi, le ministère « salue » les conclusions de son rapport qui « invite les sociétés de l’audiovisuel public à renouveler leur ambition stratégique, en passant d’une logique de diffuseur à une logique d’éditeur de contenus ». Rien de nouveau sous le soleil, les pistes de réformes étaient depuis quelques mois bien connues, mais elles ont l’avantage d’être maintenant un objectif clair pour les différents dirigeants de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, TV5 Monde ou encore l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Dans ce cadre, après le canal hertzien de France 4 qui sera libéré « au plus tard en 2020 », c’est maintenant France Ô dont « l’audience reste encore trop confidentielle » qui disparaîtra de la TNT là aussi au plus tard en 2020. Une suppression qui se fera au profit d’une intégration au sein de la programmation de l’ensemble des autres chaînes de France Télévisions (information et météo, documentaires, magazines, émissions politiques, fiction, etc.). Une représentation qui devra passer par des engagements de programmation « chiffrés et mesurables », qui seront présentés par France Télévisions et intégrés dans son cahier des charges et dans sa feuille de route stratégique dès 2018, explique le ministère. Par ailleurs est annoncé la création d’un portail numérique enrichi sur les Outre-mer, permettant de valoriser les programmes des Outre-mer 1ère. France Télévisions « maintiendra l’enveloppe budgétaire de 10 millions d’euros allouée aux coproductions ultramarines », assure-t-on encore du côté du ministère, tandis que le passage à la haute définition des chaînes des Outre-mer 1ère sera « réalisé » et qu’une entité éditoriale dédiée aux outre-mer sera maintenue avec les équipes de France Ô. Dans les faits, les équipes des Outre-mer 1ère auront aussi pour mission de renforcer « les liens avec les pays de leur bassin régional, des Caraïbes au Pacifique, afin de couvrir l’actualité de ces pays et d’alimenter ainsi les programmes d’information internationale du service public audiovisuel ».

Parmi les chantiers, également : « l’offre de proximité ». Celle-ci passera par un « triplement » des programmes régionaux de France 3 et des coopérations « beaucoup plus étroites » avec France Bleu. Des expérimentations territoriales seront menées dès la rentrée 2018 dans des régions test (Bretagne, Franche-Comté, Hauts-de-France, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur). L’offre de programmes régionaux, qui sera « spécifique pour chaque région », concernera l’ensemble des genres de programmes (information, documentaires et magazines, émissions de services, sport, etc.). Des offres communes (télévision, radio, numérique) seront en outre produites par les équipes de France Bleu et France 3 après une phase de test de matinales en 2018-2019 dans plusieurs régions.

Avec la disparition de France 4 de l’hertzien, une offre d’animation, sans publicité, sera également mise en place « dans un environnement numérique sécurisé ». Au-delà de l’offre de dessins animés et de programmes pour les enfants, France Télévisions proposera par ailleurs, avec Radio France et France Médias Monde, une offre commune pour les adolescents et les 15-30 ans qui mettra en particulier en avant « des formats courts et innovants ». « Une plateforme éducative commune aux entreprises de l’audiovisuel public sera également lancée en 2019 », assure-t-on encore du côté du ministère.

190 M€ d’économies à l’horizon 2022

Avec la suppression de France Ô, France Télévisions devrait pouvoir réaliser une partie des économies qui lui sont réclamées par le gouvernement. Le groupe devra en effet économiser 160 millions d'euros (par rapport au budget 2018), Radio France 20 millions et les autres entreprises concernées (Arte, Ina, TV5 Monde et France Médias Monde) 10 millions, dans le cadre du vaste plan de réduction des dépenses publiques à horizon 2022. Et pour 2019, les économies à réaliser seront de 35 millions, dont 25 à la charge de France Télévisions, a précisé le ministère de la Culture. Mais l'effort réel sera supérieur car l'audiovisuel public devra investir parallèlement 150 millions d'euros supplémentaires dans le numérique sur la période (contre environ 80 millions actuellement), sans compter la hausse mécanique de certaines charges (hausse des salaires, inflation...) chiffrée à 160 millions d'euros par une source proche du dossier. En outre, les groupes devront maintenir les investissements dans la création (560 millions d'euros pour France Télévisions et Arte), a indiqué le ministère. Pour rappel, le budget total de l'audiovisuel public était de 3,9 milliards d'euros en 2018.

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