Le Nouveau Magazine Littéraire pour un retour aux débats d’idées

Le 14/12/2017 à 19:11 par Thierry Wojciak

En présentant jeudi le premier numéro du Nouveau Magazine Littéraire (Sophia Publications), son président-directeur général Claude Perdriel, annonce la couleur : « Un pays qui ne donne pas la parole aux intellectuels est un pays qui se meurt ». Son directeur, le philosophe Raphaël Glucksmann, ne dit d’ailleurs pas autre chose : « j’ai accepté d’emblée la proposition qui m’a été faite de rejoindre le titre. Je suis dans le souvenir du temps où le débat d’idées agitait la France. Je veux que l’on retrouve cette ébullition intellectuelle ».  Alors, pour « tourner la page du déclinisme de ces dernières années », le Nouveau Magazine Littéraire qui sortira le 18 décembre se  réinvente en conservant toutefois ses pages littéraires pour ne « pas perdre les lecteurs qui suivaient jusqu’alors Le Magazine Littéraire » ancienne version avec ses 15 000 abonnés, souligne M. Perdriel. Mais dans sa nouvelle mouture, place aux longs papiers, aux écrivains, philosophes et autres intellectuels qui viendront chaque mois prendre de la hauteur sur les sujets d’actualités, sur l’Histoire et les tendances du monde. Une ligne « social-démocrate »,  inspirée de Pierre Mendès France, Jacques Delors ou encore Michel Rocard, chère à Claude Perdriel. "Politique mais pas militant", assure-t-il.

Un objectif de 30-35 000 ventes

Mais pas de donneurs de leçons. « Nous proposerons aux lecteurs de penser par eux-mêmes », insiste-t-il alors qu’il a investi 1 million d’euros dans le titre, ce qui permettra « de voir venir pour deux ans », et conserve 60% du capital. A ses côté trois investisseurs connus : Thierry Verret, Xavier Niel, Bruno Ledoux et un quatrième qui est « en train de se décider ». Quoiqu’il en soit, le magazine sera totalement indépendant des autres titres connaissance-savoir du groupe (Challenges, Sciences et Avenir, La Recherche, L'Histoire, Historia, etc.). Côté objectifs, si le nouveau mensuel fait l’objet d’un tirage de 80 000 exemplaires, l’ambition est d’atteindre « 30-35 000 ventes » en vitesse de croisière. Le prix de (re)lancement est fixé à 4,90€ avant de passer à 5,90€. Un gros effort de communication sera opéré pour les ventes en kiosques.

Un "véritable média"

Mais Le Nouveau Magazine Littéraire ne sera pas qu’un titre print. « C’est un véritable média », martèle le directeur éditorial de Sophia Publications Maurice Szafran. La marque s’articulera aussi entre un site web qui devrait voir le jour « début 2018 », une Newsletter, des Rencontres avec les lecteurs et des conférences. Sur le web, « nous voulons une hiérarchie de l’information dans laquelle nous choisirons une thématique pour l’expliquer. Nous produirons 4-5 articles par jour », explique M. Glucksmann.  Il sera également fait appel à des contributions de la part des lecteurs. « Nous refusons la tendance. Mon crédo : expliquer », renchérit Claude Perdriel. Au-delà du site, la volonté est sur la Toile d’exister par communauté, qu’elle soit sur Twitter, Facebook et même Instagram, aux côtés du navire-amiral print. Les dirigeants du titre ne comptent pas sur la publicité pour le site dans un premier temps. Un nouveau projet qui enthousiasme en tout cas Claude Perdriel qui verrait bien son nouveau bébé « combler un vide ».  Et pourquoi pas « reprendre une parcelle de l’autorité intellectuelle du Nouvel Observateur d’il y a 50 ans » qu’il a cofondé en 1964, dirigé et vendu au Groupe Le Monde en 2014, sourit-il malicieusement.

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