Telecom Italia : Vivendi perd le contrôle du conseil d'administration

Le 05/05/2018 à 12:47 par Thierry Wojciak

Vivendi a essuyé un sérieux revers vendredi en perdant le contrôle du conseil d'administration de Telecom Italia (TIM au profit de la liste du fonds américain Elliott. Parmi les actionnaires votants, 49,84 % se sont prononcés pour la liste du fonds activiste et 47,18 % pour le groupe de Vincent Bolloré, principal actionnaire de TIM avec 23,94 % du capital. La liste portée par Elliott détiendra donc dix sièges sur les quinze du CA, et Vivendi cinq. Interrogé après le vote, le groupe français a indiqué être engagé sur le long terme dans l'opérateur et souligné qu'il veillerait à empêcher son éventuel "démantèlement". "Nous avons cinq sièges au conseil, nous sommes l'actionnaire principal. Nous continuerons à soutenir la stratégie du (directeur général) Amos Genish, qui a été votée à l'unanimité par le conseil", a déclaré le directeur de la communication de Vivendi, Simon Gillham. "Nous serons très vigilants sur le fait qu'il n'y ait pas d'autre stratégie, de démantèlement ou autre", a-t-il ajouté. Interrogé sur une éventuelle baisse de la participation de Vivendu, il a déclaré : "nous sommes un actionnaire à long terme". Le gouvernement italien a régulièrement condamné l'attitude de Vivendi, et les tensions ont été à plusieurs reprises extrêmement vives entre Rome et le groupe français. "Vivendi a été un très mauvais actionnaire", avait martelé en avril le ministre du Développement économique Carlo Calenda. "Je suis favorable aux investissements étrangers, mais cela ne veut pas dire rester inerte quand ils (veulent) détruire la valeur", avait-il dit à l'adresse du groupe français, qui s'est aussi mis à dos de l'autre côté de l'échiquier politique les Berlusconi, en raison d'un contentieux autour de Mediaset. Elliott, qui dénonçait la "mauvaise gestion" de Vivendi, a insisté sur le fait que ce n'était pas sa victoire mais celle d'une "liste indépendante". Ceci donne un "puissant signal" sur le fait que "les investisseurs n'accepteront pas une gouvernance en dessous des standards", a-t-il noté. Entrent au conseil ses dix candidats, des personnalités connues du monde italien des affaires, dont Luigi Gubitosi, administrateur d'Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d'Enel, qui sera le nouveau président de Tim. L'incertitude demeure en revanche sur qui sera directeur général, même si les déclarations de Vivendi laissent entendre que M. Genish pourrait rester en poste. Elliott, qui avait soutenu l'élection au CA d'Amos Genish, désigné avec 98 % des voix le 24 avril, souhaite qu'il poursuive son mandat. (avec l'AFP)

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