Selon une étude du cabinet REL, les entreprises
auraient bien mis en pratique l’obligation
introduite par la loi LME de respecter les délais
de règlement et d’encaissement, loi votée en août
2008. Ah bon ? Je rêve. Quand vont-ils arrêter
de nous prendre pour des cons ? Les délais de
règlement n’ont jamais été aussi longs. Personne
ne respecte cette loi. En tout cas, dans l’univers
de la communication. Les agences médias et
les grands groupes continuent à payer à six, huit,
voire neuf mois. Et c’est tout juste s’ils n’exigent
pas 2 ou 3 % d’escompte pour paiement
comptant…
Une nouvelle fois, le non-respect
de cette loi, qui pose aux PME d’énormes
problèmes de trésorerie, illustre le décalage
qu’on constate entre la volonté politique et
la réalité quotidienne. C’est comme la prétendue
obligation faite aux banques d’accorder plus
facilement des crédits
aux entreprises
et aux particuliers.
Bidon tout cela.
Qui peut en effet se
permettre d’attaquer
son plus gros client
parce qu’il paie en
retard ? Qui plus est,
en acceptant des
délais de paiement
trop longs,
c’est l’entreprise
fournisseuse qui se
met dans l’illégalité…
Ubuesque.
Les conséquences
sont désastreuses.
Car, pour s’en sortir,
les entreprises
victimes de ces retards vont forcément faire
de même avec leurs fournisseurs. Un cercle
vicieux qui ne favorise guère la fameuse « légère
reprise » qu’on nous annonce sans arrêt.
On se dit que plutôt que de gamberger à des plans
fumeux pour augmenter la croissance et le PIB,
réduire le chômage et relancer la consommation,
les pouvoirs publics feraient bien, avant cela,
de faire tout simplement respecter la loi. C’est
un mal chronique dans ce pays.
Regardez les compétitions d’agences.
Les instances professionnelles ont eu beau signer
des accords pour dédommager en partie les coûts
de ces compétitions, pour imposer la transparence,
pour apporter un minimum d’éthique dans
ce système, il y a toujours des annonceurs qui
s’en foutent, des agences qui acceptent de bosser
à perte, des dés qui sont pipés.
D’accord, la crise n’a fait qu’exacerber la guerre
commerciale. Le peu de moralité qui restait s’est
totalement évanoui. Mais les règles ne sont pas
claires. En tout cas, elles ne sont pas les mêmes
pour tout le monde. Les superbonus continuent
d’exister. La taxe carbone change de « victimes »
sans arrêt. Le grand emprunt national, on ne sait
toujours pas à quoi il va servir exactement.
Pour espérer relancer la machine, on a besoin
d’un gouvernement qui fixe une ligne directrice
forte et qu’il s’y tienne. C’est le minimum syndical.
Et franchement, on en est loin.