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Les guides référençant tous les acteurs de la communication par métiers spécialisés.

Christian Blachas

édito

par Christian Blachas

Et si, simplement, on appliquait la loi ?

Selon une étude du cabinet REL, les entreprises auraient bien mis en pratique l’obligation introduite par la loi LME de respecter les délais de règlement et d’encaissement, loi votée en août 2008. Ah bon ? Je rêve. Quand vont-ils arrêter de nous prendre pour des cons ? Les délais de règlement n’ont jamais été aussi longs. Personne ne respecte cette loi. En tout cas, dans l’univers de la communication. Les agences médias et les grands groupes continuent à payer à six, huit, voire neuf mois. Et c’est tout juste s’ils n’exigent pas 2 ou 3 % d’escompte pour paiement comptant…
 
Une nouvelle fois, le non-respect de cette loi, qui pose aux PME d’énormes problèmes de trésorerie, illustre le décalage qu’on constate entre la volonté politique et la réalité quotidienne. C’est comme la prétendue obligation faite aux banques d’accorder plus facilement des crédits aux entreprises et aux particuliers. Bidon tout cela. Qui peut en effet se permettre d’attaquer son plus gros client parce qu’il paie en retard ? Qui plus est, en acceptant des délais de paiement trop longs, c’est l’entreprise fournisseuse qui se met dans l’illégalité… Ubuesque. Les conséquences sont désastreuses. Car, pour s’en sortir, les entreprises victimes de ces retards vont forcément faire de même avec leurs fournisseurs. Un cercle vicieux qui ne favorise guère la fameuse « légère reprise » qu’on nous annonce sans arrêt. On se dit que plutôt que de gamberger à des plans fumeux pour augmenter la croissance et le PIB, réduire le chômage et relancer la consommation, les pouvoirs publics feraient bien, avant cela, de faire tout simplement respecter la loi. C’est un mal chronique dans ce pays. Regardez les compétitions d’agences. Les instances professionnelles ont eu beau signer des accords pour dédommager en partie les coûts de ces compétitions, pour imposer la transparence, pour apporter un minimum d’éthique dans ce système, il y a toujours des annonceurs qui s’en foutent, des agences qui acceptent de bosser à perte, des dés qui sont pipés.
 
D’accord, la crise n’a fait qu’exacerber la guerre commerciale. Le peu de moralité qui restait s’est totalement évanoui. Mais les règles ne sont pas claires. En tout cas, elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Les superbonus continuent d’exister. La taxe carbone change de « victimes » sans arrêt. Le grand emprunt national, on ne sait toujours pas à quoi il va servir exactement. Pour espérer relancer la machine, on a besoin d’un gouvernement qui fixe une ligne directrice forte et qu’il s’y tienne. C’est le minimum syndical. Et franchement, on en est loin.
CB News 11/01/2010 - Christian Blachas