Le développement du e-commerce non-alimentaire a détruit 85 000 emplois selon une ONG

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Le développement du e-commerce non-alimentaire est responsable du "plus grand plan social en cours en France", avec 85.000 emplois détruits en dix ans, accusent mercredi Les Amis de la Terre dans un rapport jugé "partial" par la fédération française du commerce en ligne (Fevad). Le solde net des emplois détruits en France entre 2009 et 2019 en raison de l'impact du e-commerce non-alimentaire s'établit à 85.000 postes perdus, dont 3.800 en 2019, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, selon le rapport des Amis de la Terre. "C'est le plus grand plan social en cours actuellement en France", dénonce dans un communiqué l'ONG qui a repris la méthodologie du cabinet Kavala Capital pour actualiser la précédente étude portant sur la période 2009-2018. Selon Les Amis de la Terre, 122.400 emplois ont été directement détruits en dix ans dans le commerce de détail à cause du développement de la vente en ligne. Le commerce de gros a, lui, limité la casse.    Les très petites entreprises de la vente de détail (7.600 emplois perdus) ainsi que le secteur de l'habillement (4.800) payent un lourd tribut à l'affirmation de la vente à distance. "Pour chaque emploi créé dans une entreprise de la vente en ligne de 50 salariés et plus, près de deux ont été détruits dans les plus petites entreprises en 2019", déplore l'ONG. "Jusqu'alors, la digitalisation des grandes enseignes de la vente physique générait des créations d'emploi, car la nouvelle activité en ligne s'ajoutait à l'activité en magasin existante. Maintenant que leur activité en ligne est développée, ces enseignes ferment leurs magasins et licencient leurs salariés pour faire face à la concurrence des grands acteurs de la vente en ligne", analyse Etienne Coubard, porte-parole des Amis de la Terre.

Un rapport « partial » selon la FEVAD

Les auteurs de l'étude s'inquiètent également d'une part d'un fort effet Covid lorsque les données des années 2020 et 2021 seront disponibles, et d'autre part d'une propagation de la casse sociale au commerce alimentaire, avec l'essor des "dark stores" et autres épiceries en ligne. "Le quinquennat d'Emmanuel Macron s'est traduit par des choix incompréhensibles. Cadeaux fiscaux, soutien administratif et politique ont permis une implantation massive et rapide. Pourtant, l'e-commerce détruit les emplois à grande vitesse", juge encore M. Coubard. "Le Gouvernement privilégie l'ubérisation, les contrats courts et l'intérim. En pleine crise du pouvoir d'achat, en plus de détruire des emplois, la vente en ligne créé des emplois précaires en-dessous du seuil de pauvreté", concluent Les Amis de la Terre qui accusent également l'e-commerce d'être responsable "d'une fraude à la TVA de 5 milliards d'euros par an". L'ONG critique au passage la prolifération des sites logistiques : "l'e-commerce va continuer à bétonner des champs pour construire des entrepôts plus grands que les plus grands centres commerciaux de France". La Fevad a réagi mercredi en estimant qu'il s'agissait d'un rapport "partial" réalisé par "une ONG opposée au e-commerce". La fédération plaide notamment qu'"un emploi direct dans le e-commerce nécessite 1,2 emploi indirect supplémentaire pour la gestion de la logistique et des livraisons", tandis que l'équivalent dans le commerce physique "s'accompagne de 0,2 emploi indirect en logistique". "Le e-commerce est un mouvement de fond qui touche la consommation dans l'ensemble des pays", plaide encore la Fevad. "C'est dans ce secteur que les emplois de demain se créeront".

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