Cryptomonnaies des Gafa : « hors de question » selon un membre de la BCE  

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Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a prévenu dimanche qu'il était "hors de question" de laisser des géants numériques développer des monnaies privées en dehors de toute réglementation, au vu des "risques" induits par de tels projets. "On a laissé les Gafa se développer dans un vide réglementaire pour toutes leurs activités commerciales", a souligné M. Coeuré lors d'une table ronde sur les institutions internationales organisée aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence. "Il est hors de question de les laisser se développer dans un vide réglementaire pour des activités de services financiers, parce que c'est trop dangereux", a ajouté le responsable de la BCE, appelant à "aller très vite" sur la question. M. Coeuré, qui s'est vu confier mi-juin dans le cadre du G7 la direction d'un groupe de travail sur les cryptoactifs adossés à des devises (un 1er rapport sur le sujet devrait être remis lors de la réunion des ministres des Finances du G7 prévue les 17 et 18 juillet à Chantilly, ndlr), comme le Libra de Facebook, a estimé que ces projets de monnaies virtuelles et privées représentaient un "défi" pour "le domaine de la finance". "Jusqu'à présent, on avait des petits projets, qui étaient intéressants" mais "expérimentaux, et qu'on laissait se développer avec une certaine bienveillance en se disant +c'est trop petit pour être dangereux+". On les a donc laissé "se développer dans le bac à sable en attendant de voir", a-t-il souligné. "Maintenant on a un éléphant dans le bac à sable" et "on aura peut-être plusieurs éléphants dans le bac à sable", a ajouté l'économiste, faisant référence, sans le citer, au Libra de Facebook. "Donc la question c'est +qu'est-ce qu'on fait+", a-t-il poursuivi. Pour le responsable de la Banque centrale, "tous ces projets sont d'une certaine manière un +wake-up call+ (coup de semonce, ndlr) assez utile pour la communauté des régulateurs et des autorités publiques" parce que "ça va peut-être nous conduire à faire mieux ce qu'on fait". "Il s'agira de réglementer", "pas d'interdire", a-t-il toutefois soutenu, en appelant l'Europe à "montrer l'exemple".

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