SXSW #5 - Living with the robots

Une dernière carte postale du festival South by Southwest qui s'est achevé hier à Austin (Texas). Par Capucine Pierard, Managing Partner et Chief Data Officer, et Sébastien Emeriau, directeur du planning strategique et de l'innovation chez Havas Media.

SXSW #5 - LIVING WITH THE ROBOTS

Le professeur Ishiguro est de retour avec ses robots japonais à Austin. Ils sont présentés dans le pavillon Japan Factory où vous pouvez discuter librement avec eux et tester tout un tas de gadgets robotisés.

Nous découvrons un premier robot, dont le look approche celui de C-3PO. Son visage est recouvert d’un masque en silicone blanc, très « humain ». Le haut de son corps évolue de façon fluide.

« Motion can express emotions. » Les restes de nos origines primates nous font intuitivement ressentir une agression à travers des yeux fixes. Il est donc primordial pour rendre les robots friendly de les faire cligner des yeux, incliner la tête, régulièrement, même (voire surtout) lorsqu’ils sont silencieux.

Mais pourquoi les hommes s’obstinent-ils à vouloir donner une forme humaine aux robots ? Pire à leur donner un genre. Cela donne des orientations différentes selon les cultures : au Japon, Pepper est un robot masculin, alors qu’en France, on fait référence à «elle».

La grande nouveauté cette année est que les Androïdes d’Ishiguro seraient capables de tenir une conversation entre eux. NTT, l’une des plus grandes entreprises de télécommunications mondiales et l’université d’Osaka ont développé dans leur laboratoire de recherche un programme combinant audio, speech et language processing, boosté par un calculateur quantique et du machine learning.

Le show commence. La conversation entre les robots peine à démarrer. Pendant de longues minutes, la journaliste pose et repose des questions dans le vide. L’assistance hésite entre rires et malaise. Un long échange démarre entre les 2 automates pour savoir s’ils préfèrent les sushis ou les ramens. Difficile de discerner s’il s’agit d’un simple scenario de chatbots, d’un réel programme ultrasophistiqué… ou d’un numéro de marionnettiste ventriloque.

Deux éléments essentiels manquent encore aux robots : la convergence et la scalabilité. Aujourd’hui, l’ordinateur des échecs ne sait rien faire d’autre que jouer (certes parfaitement) aux échecs. Un iPad est pourvu de bien plus de fonctions qu’un robot, et un enfant de 2 ans, encore capable de bien plus de décisions.

Les trois lois de la robotique, formulées par l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov, sont des règles auxquelles tous les robots qui apparaissent dans ses romans doivent obéir :

  • Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger 
  • Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi 
  • Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

En revanche, le jour où les robots se nourriront de données Open Source, pourront-ils apprendre par eux-mêmes ? Et ainsi challenger les programmes dictés par l’homme ?

Retour à la conversation de nos robots. Au fil de l’enchainement de questions-réponses avec la journaliste, les robots mettent en évidence le manque de logique de l’homme lui-même quant à la valeur de la vie humaine. Comment pouvons-nous accepter de prendre le risque de sacrifier la vie, puisqu’elle est si précieuse, pour des guerres… ou des accidents de voiture ?

De la promesse d’une simple conversation, les robots auront finalement gagné une joute philosophique. Un sentiment creepy m’envahit...

Mais pour l’instant, les robots sont encore dépourvus de volonté, d’initiative spontanée, de conscience et d’intuition. Une video amateur filmée par des parents montre le moment de panique où le robot d’Amazon répond à la demande zozotante d’un enfant… That awkward moment when Alexa is going wild

Must Watch -)

 

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