La « tech démocratique » selon Emmanuel Macron

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Capture d'écran de l'intervention du Président de la République le 16 mai 2019

Face à une Chine "stato-centrée" et des Etats-Unis "pilotés par les grands groupes privés", "l'Europe peut devenir leader de la tech de demain, en créant une tech démocratiquement soutenable", a dit jeudi Emmanuel Macron devant un parterre d'acteurs de la high tech. "La Chine crée un modèle de tech puissant. Je ne fais pas partie de ceux qui disent qu'il faut faire la guerre à la Chine. Mais elle a un modèle très "stato-centré", où le gouvernement a une part très importante et n'a pas nos référentiels en termes de liberté individuelle et de droits de l'homme. C'est ce qui limite ce modèle dans son expansion mondiale", a-t-il jugé. "Les Etats-Unis ont aujourd'hui un modèle complètement conduit, piloté, par de grands acteurs privés, qui donc n'est plus sous contrôle démocratique. Il n'y a plus un gouvernement aux Etats-Unis qui peut vous garantir sur le respect de votre vie privée ou sur une politique sur le changement climatique", a-t-il poursuivi. "Nous sommes en train de bâtir en Europe un modèle compétitif, démocratique et mu par le bien commun, où les gouvernements sont 'business friendly' mais créent une régulation pour accompagner le changement climatique ou la protection de la vie privée. Le seul qu'on pourra dans a durée expliquer à nos concitoyens", a-t-il ajouté.

« Réguler les fusions et acquisitions »

Il a aussi souhaité "non seulement une taxation des géants du numérique au niveau de l'OCDE" mais aussi "éviter que les plus gros acteurs rachètent tout". En Europe comme aux Etats-Unis nous allons devoir réguler les fusions et acquisitions de ces géants", a-t-il estimé. Il s'exprimait devant près de 5.000 personnes réunies au salon VivaTech de la Porte de Versailles, qu'il a visité. Il s'est aussi félicité d'avoir supprimé l'ISF, "ce qui m'a valu quelques surnoms" mais permet que "les talents restent". "Nous sommes redevenus beaucoup plus attractifs pour les talents", a-t-il conclu, applaudi par les visiteurs de ce salon dont il a soutenu le lancement quand il était à Bercy.

5G : préserver la sécurité nationale

Peu avant, le Président de la République a jugé "pas approprié" de "lancer maintenant une guerre technologique ou une guerre commerciale vis-à-vis de quelque pays que ce soit", à propos des tensions entre Washington et Pékin sur la 5G et l'équipementier chinois Huawei. Pour lui, "ce n'est pas le meilleur moyen" de défendre la sécurité nationale d'un pays ni de faire "baisser les tensions".   "Notre perspective n'est pas de bloquer Huawei ou toute autre entreprise mais de préserver notre sécurité nationale et la souveraineté européenne", a souligné M. Macron, qui s'exprimait en anglais, au salon VivaTech. "La France et l'Europe sont pragmatiques et réalistes". "Nous voulons développer l'emploi, les affaires, l'innovation. Nous croyons à la coopération et au multilatéralisme". "En même temps, pour la 5G, nous faisons très attention à l'accès aux technologies cœur de réseau pour préserver notre sécurité nationale", a-t-il assuré. "J'ai tout fait pour qu'on soit réaliste sur la 5G et que l'Europe défende ses intérêts sur la 5G pour ne pas dépendre des composants chinois mais on a dit il faut des composants et que les Européens aient forcément accès à cela", a souligné le président de la République.

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