TV Connectée: and the winner is... Google (again)

Ratecard Rendez-Vous
(© Jakub Kapusnak StockSnap)

Chaque semaine, rendez-vous avec Frédéric Sadarnac, fondateur de l'agence Ratecard et infatigable commentateur de l’univers de la tech et de l’ad tech, pour un regard acéré sur l’actu du secteur. Un peu de piquant dans le monde du soft. 

Le marketing digital fonctionne par vagues. On peut, comme Brice de Nice, simplement attendre en partant du principe qu’elle finira bien par arriver, ou on peut également l’anticiper, voire les anticiper. Le spécialiste mondial de la prospective dans le monde digital, c’est bien évidemment Google. Chaque tendance publicitaire (search, display, vidéo, mobile, programmatique, data…) fut scrutée par le géant de Mountain View qui préparait ses armes bien en amont pour les dégainer schématiquement quand le marché était prêt.

En cette rentrée 2020 un peu spéciale, la nouvelle vague française concerne la TV connectée depuis la sortie officielle du décret cet été qui permet d’introduire de la publicité ciblée sur nos petits écrans. Via les box, chacun pourra bientôt regarder sa propre publicité. Les contraintes sont encore importantes mais le principe est désormais acquis. Et qui dit ciblage dit bien évidemment Google.

Mercredi 16 septembre, Bouygues Telecom a ainsi annoncé qu’ils utiliseraient les outils de la suite Google pour gérer leurs espaces publicitaires en TV connectée. Le moteur de recherche, leader écrasant du monde digital conquiert donc un nouveau bastion, celui de la télévision et de ses audiences par millions. Pour quelles raisons, les éditeurs laissent-ils systématiquement entrer le loup dans la bergerie alors qu’ils condamnent régulièrement le quasi-monopole (n’oublions pas Facebook pour autant) de Google sur le marché publicitaire ?

Quand vous discutez avec des éditeurs de presse, les radios ou les télévisions, , les réponses données tournent systématiquement autour de deux sujets : la technologie Google est hyperfiable et comme les acheteurs médias utilisent majoritairement également leurs outils, cela simplifie et optimise les échanges. On peut traduire par : c’est simple et ça rapporte plus de sous.

Moralité de l’affaire, si les prémices du fameux monde d’après semblent balbutier dans certains secteurs BtoC (quand vous allez acheter vos pommes bio en vrac chez le commerçant du coin), on peut assez facilement partir du principe que le futur du BtoB est parti pour être fondamentalement identique. Et comme par hasard, c’est dans ce domaine-là que les GAFA gagnent le plus d’argent.

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