Ecrans : quel impact sur nos repas ?

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(©  Stefan Vladimirov, unsplash)

Amora, marque centenaire crée à Dijon et présente aujourd’hui dans 8 foyers sur 10, fait appel à Kantar pour interroger les Français sur leurs habitudes alimentaires, la façon dont ils accordent, ou pas de l’importance au moment du repas et sur la façon dont les écrans (tous devices) ont progressivement envahi nos tables. Compte rendu de présentation de l’étude.

Prendre du temps pour manger, faire une pause dans la journée et apprécier le goût des aliments, c’est important. Pourtant, depuis que la société s’est digitalisée, elle est plus hypnotisée par un écran que par le contenu de son assiette. Un constat qui a poussé la marque Amora, qui porte la gastronomie française en son cœur et Kantar, a réaliser une étude auprès d’un échantillon national de Français de 18 ans et plus (régions, csp…) entre le 14 et le 16 mai 2019 et autour des trois types de repas, pour décrypter la façon dont la  perception du repas avait changé. Voici ce que la méthodologie révèle…

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LE REPAS reste UN MOMENT IMPORTANT

À l’heure actuelle, les Français accordent une grande importance aux repas. Non seulement parce que le repas gastronomique français est inscrit au patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2010, qu’il est structurant au quotidien mais surtout parce qu’il permet de libérer du temps de partage. A commencer par les familles, à 44% qui l’apprécient car il permet de passer du temps avec les enfants, suivis de la tranche des couples, des célibataires et des colocataires (mais à seulement 1% et 2%) . 97% des Français sondés par l’étude trouvent d’ailleurs ce moment convivial, propice au plaisir gustatif, à la transmission de savoirs et à l’éducation.  Les repas les plus conviviaux étant en première place le dîner, en seconde le déjeuner et en dernière place, le petit déjeuner. 

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(© Juliette F, unsplash)

LE REPAS EST PERTURBÉ PAR LES ECRANS

Problème, le repas est aujourd’hui perturbé par la présence et l’utilisation massive des écrans. Comme l’explique l’étude, 97% de foyers en possèdent au moins un, qu’il s’agisse d’une tablette (75%), d’un smartphone (97%)  ou d’un ordinateur. Une relation à l’objet qui serait même devenue addictive, tout particulièrement chez les 18-24 qui se déclarent « perdus sans » et les CSP +. Ainsi, 1/3 des français utilisent un écran à table. Et plus de la moitié des 18-34 ans ont pris cette habitude, qu’ils soient seuls, entre amis, ou entre collègues, ou même en famille avec leurs grands-parents...

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LES ÉCRANS ONT LE POUVOIR D’HYPNOTISER

Mais pourquoi ne peut-on plus se  passer de ces technologies de communication ? Alors que les trois usages principaux du téléphone (échanges, appels, infos sur internet et sur les réseaux sociaux, sont utilisés à 66% par la population classique, pour d’autres, soit 1/3 des interrogés, cette utilisation est devenue un « réflexe ». Autre phénomène observé, celui de prendre des photos de son assiette, à 33%, sinon de s’en servir pour combler l’ennui à table, ou encore celui d'immortaliser des moments (33%). S'ajoute aussi l'envie de compléter une conversation par une information sur internet (20%) et pour les cas les moins majoritaires, la peur de rater des informations en cas de déconnexion aux écrans (5%).

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Aussi, en plus d’hypnotiser les utilisateurs, de les couper de leur environnement, les écrans viennent perturber le savoir-vivre, l’appétit, créer des troubles cognitifs et du comportement. « Jeune intermittent, personnes qui sautent un repas ou un petit déjeuner, tous les repas ne sont pas pris en famille et le rythme est malmené. Finalement, c’est surtout le repas du soir qui compte en famille », décrypte Brigitte Fanny-Cohen, chroniqueuse santé chez Télé Matin et journaliste médical, invitée à la présentation de l’étude à Paris. 

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(©  Kelly Sikkema, unsplash)

Quant aux problèmes physiologiques : « on peut être attiré par une info et alors  l’attention est détournée du repas. Le plaisir gustatif n’est plus le même et les messages de satiété au cerveau passent mal ». Surpoids, troubles du comportement (s’il y a exposition aux écrans avant l’âge de 4 ans), les spécialistes et l’Académie des Sciences sont tous d’accord : il faut continuer à lancer l’alerte. Autre danger ce ces dispositifs technologiques, une population influencée à suivre des tendances risquées, voire extrêmes pour la santé, véhiculées par l’effet « magique » des filtres parfaits des réseaux sociaux (Instagram notamment) quand on aborde la nutrition et les cures détoxifiantes. Dans un mimétisme social, la sociabilité du repas est alors « déplacée sur un autre mode de communication : les écrans », explique Albert Moukheiberdocteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicien.

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(© Igor Miske, unsplash)

LES OUTILS DIGITAUX CRÉÉNT UN PARADOXE

Autre point évoqué dans l’étude : le fait que les outils digitaux créent un paradoxe. Celui d’une société qui n’a jamais été aussi bien informée sur la nutrition mais qui connaît de plus en plus de problèmes avec l’alimentation. « Plus on est connectés, plus on est déconnectés de soi-même et on perd confiance dans ses propres habitudes », mentionne Sophie Deram, ingénieur agronome chercheuse en neurosciences la faculté de médecine de l’université à Sao Polo et militante contre les régimes restrictifs, avant d’ajouter que des études « montrent qu’on mange davantage lorsqu’on est au cinéma, ou en train de faire autre chose, soit entre 10 et 30% de plus que d’habitude. » Néanmoins, le smartphone n’est pas la cause de tous les maux, tant que l’on mange « en pleine conscience ». Celui-ci, massivement utilisé au Brésil, (population ultra connectée) pourrait-même devenir un outil pédagogique pour les plus jeunes, complété par une meilleure implication de l’enfant au moment de la préparation des repas et du choix des aliments. Défi du moment donc : apprendre à vivre dans son temps et gérer l’invasion des écrans. En parallèle, observer d’un œil aiguisé la tendance du « food porn », ou à l’inverse, ne pas sombrer dans l’orthorexie (à laquelle Instagram contribue fortement via des clichés parfaits) : soit l’obsession de manger sain, d’être en quête de santé d’une manière telle qu’on en perd… la santé et manifestée par des exclusions d’aliments (donc carences).

REVENIR A UNE ÈRE SANS ECRANS, C’EST POSSIBLE ?

Toutefois, 92% des français pensent que ces outils digitaux créent une rupture de la convivialité à table et une rupture de cet art de vivre. Manger trop vite, ne plus se parler… 2/3 ont même pensé a stopper cette habitude afin de privilégier le repos, le calme et la déconnexion. De plus, 79 % des français, pourtant ancrés dans la modernité, aimeraient revenir à une ère sans écrans. Et 73% pensent qu’écarter les écrans pendant ce moment clé améliorerait le lien, y compris les échanges avec les enfants (qui imitent les adultes).

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(© Arthur Poulin, unsplash)

Par ailleurs, si certains pensent que les écrans sont la cause d’une perte de savoir-vivre, les consommateurs doivent parfois commander leur repas via des écrans, qu’il s’agisse d’applications pour commander de la nourriture, ou de bornes dans des restaurants ou des fast-food, avec le wifi gratuit à la clé… Alors, comment parvenir à utiliser les écrans de manière rationnelle ? Et par quels biais s’alimenter demain ? La question reste à explorer…

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