Post-confinement : les Français font confiance à leurs employeurs

Douglas Rosane Qualtrics

Qualtrics - spécialisée dans l'expérience collaborateur - a réalisé plusieurs études avant, pendant et après la période de confinement, autour de la confiance et de l'engagement des salariés, qui témoignent d'un impact positif du leadership des dirigeants d'entreprises françaises. Douglas Rosane, directeur « EX solutions strategy » chez Qualtrics, détaille l’évolution de l'expérience collaborateur en France.

Vous avez publié plusieurs études avant, pendant et après le confinement : que disent-elles ?

Nous avons constaté une évolution favorable de l'opinion en termes d'écoute et d'empathie. Avant la crise, les salariés étaient relativement critiques du degré d'écoute de leur hiérarchie. Confronté au désarroi, au stress et à l'anxiété de leurs effectifs - au plus bas d'après nos enquêtes en plein confinement - le management a été plutôt présent et a su trouver les réponses aux problèmes d'organisation, offrant une forme de réconfort aux équipes. Si les directions des entreprises ont bien communiqué pendant la pandémie, c'est surtout le management de proximité qui a été au rendez-vous. Le lien avec les salariés s'est consolidé principalement à travers sa présence et ses actions.

Si vous deviez retenir trois grandes tendances de l'expérience collaborateur en France post-confinement, quelles seraient-elles ?

Il est très tôt pour le dire avec confiance, mais je pense que ces 3 aspects de l'expérience collaborateur risquent d'évoluer sensiblement dans les mois à venir. Bien évidemment et cela ne surprendra personne, le recours plus fréquent au télétravail et son influence sur le travail et l'engagement collectif. Au-delà de la question des moyens et des outils technologiques qu'il faudrait inventer et déployer pour faciliter la collaboration, il y a la question de l'impact d'un environnement de travail éclaté sur le bien-être individuel, le sens du collectif et la performance des équipes.

 Le bien-être mériterait un point à lui tout seul, tant il est vrai qu'il puise ses sources en grande partie dans le travail et l'énergie collective. Comment faire en sorte que les salariés restent durablement engagés quand le ressort collectif est à reconstruire pour beaucoup d'entreprises. Je pense notamment à des entreprises de secteurs durement touchés en matière de chômage et d'emploi. L'importance du bien-être physique et psychologique est telle que certaines entreprises pourraient le suivre comme indicateur de performance au même titre que l'engagement.

Enfin, nous devrions voir une structuration plus prononcée des stratégies d'expérience collaborateur : pour assurer le suivi du bien-être des salariés et de l'adaptation au télétravail, les responsables RH vont avoir besoin de se doter d'outils leur permettant d'écouter et de réagir rapidement. Les programmes d'études annuels ne seront plus suffisants. Ils vont être remplacés par des dispositifs plus structurés et plus fréquents permettant au management et aux Ressources Humaines de recueillir et d'analyser en temps réel les retours des salariés pour les partager avec les responsables concernés.

Les Français font confiance à leurs employeurs : pourquoi ?

Les Français ont fait confiance à leurs employeurs par rapport à la gestion de la crise. Parce qu'elles ont globalement bien répondu aux attentes des salariés en termes de sécurité et d'emploi. Mais ce n'est pas une carte blanche, un satisfecit général par rapport à l'ensemble des politiques et programmes de l'entreprise. Les salariés restent vigilants et continuent à se poser des questions essentielles : sur la sécurité bien sûr, mais aussi sur la reprise ou non de l'activité et son impact sur le maintien de l'emploi dans la durée et sur l'organisation du travail.

La France est est-elle un cas isolé ?

La France fait aujourd’hui jeu égal avec l’Allemagne et la Grande Bretagne, selon les salariés eux-mêmes, sur la gestion de la crise. Ce qui est suffisamment rare pour être souligné ! Mais la spécificité de la France c'est surtout le choix du chômage partiel plutôt que les licenciements massifs. Cela a eu un impact positif sur l'attitude des salariés français et le bilan plutôt positif attribué aux entreprises de l'Hexagone. Mais attention, une « deuxième vague », celle qui toucherait encore plus l'économie et l'emploi, pourrait avoir des conséquences négatives sur le bilan final de la gestion de cette crise.

Que proposez-vous aux entreprises pour les aider dans cette nouvelle phase ?

Pendant le confinement nous avons mis à disposition gratuitement nos dispositifs d'études internes pour suivre le bien-être des salariés pendant le télétravail. Plus de 5 000 organisations à travers le monde les ont utilisés pour maintenir un lien avec leurs salariés. L'écoute des salariés en temps normal mais surtout en temps de crise est un acte fort de management. Nous sortons ainsi régulièrement de nouveaux dispositifs d'études pour accompagner les organisations pendant cette période difficile et permettre aux directions générales et aux équipes RH de comprendre les problèmes auxquels leurs salariés sont confrontés.

Mais un système de mesure est insuffisant aujourd’hui sans un système d’action. C’est la raison pour laquelle la plateforme Qualtrics permet de donner les moyens aux ressources humaines et aux managers de prendre des décisions avisées et surtout de mettre en place des actions correctives avec les équipes concernées.

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