TPE-PME : 24% des dirigeants ont réalisé des investissements « verts » ces 3 dernières années

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Les hausses de coûts subies par les PME et très petites entreprises (TPE) et la dégradation de leur trésorerie provoquent un ralentissement de l'investissement, selon un baromètre publié mercredi par la banque publique Bpifrance et l'institut Rexecode.

Les difficultés de recrutement restent toutefois "la première préoccupation des dirigeants de PME/TPE", citées par 59% des chefs d'entreprises interrogés, selon les réponses apportées à l'enquête par 554 dirigeants de PME/TPE du 17 au 27 octobre. Malgré l'inflation qui freine le pouvoir d'achat et la demande, "quand on a des pénuries de main d'œuvre qui restent le premier facteur de frein à la croissance, on est clairement dans une contrainte d'offre", a expliqué à l'AFP Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance. De plus en plus d'entreprises constatent une dégradation de leur trésorerie et les intentions d'investissement continuent leur recul entamé au printemps. Moins d'une entreprise sur deux (49%) compte aujourd'hui investir en 2022, contre 55% il y a six mois.

Toutefois, selon M. Mutricy, "on est plutôt dans du report que dans de l'annulation" des projets d'investissement, comme durant la crise sanitaire. "Cela fait deux ans que l'investissement est beaucoup plus dynamique que ce que prédirait" la croissance de l'économie, tempère Baptiste Thornary, économiste chez Bpifrance. L'investissement se montre selon lui résistant dans l'industrie, le recul récent venant plutôt des services et du tourisme, secteurs qui avaient "beaucoup investi et se sont beaucoup digitalisés" pendant la crise sanitaire. Un quart des dirigeants (24%) a réalisé des investissements "verts" au cours de trois dernières années, d'après le baromètre. Les investissements que l'on retrouve le plus souvent sont le tri des déchets et le recyclage, suivis par le renouvellement du parc automobile, l'achat d'équipements de production plus performants énergétiquement n'arrivant qu'en troisième position. En dépit du contexte de hausse des taux d'intérêt, les conditions de crédit restent encore "globalement favorables", et seules 18% des entreprises déclarent rencontrer des difficultés d'exploitation courante, ce qui correspond au niveau d'avant-crise, selon le baromètre. En 2023, près des deux tiers (64%) des dirigeants de PME et TPE prévoient d'augmenter les salaires (hors primes et intéressement). En moyenne, l'augmentation prévue est de 2,6%, en tenant compte de ceux qui ne prévoient pas d'augmenter les salaires. Toujours pour l'an prochain, 62% des patrons de PME/TPE prévoient d'augmenter les prix de vente, avec une hausse moyenne prévue de 3,8%.

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