Aides dénonce l’opacité des financements publics dans la recherche  

Aides - Belazar

Twitto polémiste aux idées bien arrêtées, Bruno Paque est le chevalier blanc des laboratoires pharmaceutiques. Pour lui, ce sont des entreprises comme les autres dont les produits doivent être avant tout rentables. Qu’importe s’ils ont été développés avec de l’argent public. Un personnage assez répugnant qui suscite les plus vives réactions...Sauf que Bruno Paque n’existe pas. C'est une invention de Aides avec l’agence belazar pour mettre en lumière les enjeux de transparence dans les financements de R&D des laboratoires. Une mécanique qui reprend les méthodes activistes dont usent depuis les débuts de l’épidémie les acteursde la lutte contre le VIH/sida. Un dispositif entièrement digital pour interpeller politiques et grand public sur une thématique… opaque. Sur son compte twitter, Bruno Paque tweet à tout va sur la thématique. Mégalomane, il poste et sponsorise sa propre interview, un échange dans lequel il exprime sa position sur les parcours de financement des médicaments. Et celle-ci fait réagir. Les réactions indignées se multiplient sur le réseau social...Après deux semaines à faire vivre Bruno Paque sur le plus politique des réseaux, la supercherie est levée et les internautes pris à parti : "Vous trouvez ses prises de positions grotesques ? Ce sont pourtant celles du gouvernement".  L'objectif est continuer de s’indigner et fédérer la mobilisation autour du mot d’ordre #MedicamentsOuVaLArgent pour "enfin obtenir la transparence du montant des financements publics dans la R&D des médicaments, condition indispensable pour contrôler les coûts des médicaments et donc maintenir leur accessibilité !" précise Aides qui incite les internautes à relayer ce mot d’ordre sur les réseaux sociaux. Le compte Twitter de Bruno Paque reste en en ligne, et actif pour continuer d’informer sur les enjeux de transparence dans le médicament, notamment sur cette question des investissements publics.

Aujourd’hui, il n’existe aucune loi obligeant un laboratoire à rendre public le montant des investissements publics dont il bénéficie. Il n’existe pas non plus de suivi centralisé et transparent de l’ensemble des investissements publics bénéficiant aux laboratoires pharmaceutiques chaque année. "Une situation qui leur permet de fixer des prix incohérents avec le coût véritable du médicament. ce qui peut rendre l’accès aux médicaments plus difficile. De plus, dans ce système opaque, le contribuable lorsqu’il achète un traitement – s’il en a les moyens - rachète une innovation dans laquelle il a déjà investi" . Une mesure portée en 2019 par Olivier Véran, alors député, devait imposer à l’industrie pharmaceutique la transparence sur les montants des financements publics dans la recherche. Finalement annulée pour des raisons de procédure, la mesure a aujourd’hui disparu … "Une absurdité alors qu’Olivier Véran, aujourd’hui ministre de la Santé, en était l’initiateur. Dans le contexte actuel où l’argent public coule à flot dans la recherche pour un vaccin ou un traitement contre la Covid-19, cette mesure est plus que jamais essentielle pour assurer l’accessibilité de ces futurs médicaments".

 

 

 

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