L’ESJ lance un plan de lutte contre le harcèlement

Le conseil d'administration de l'École supérieure de journaliste (ESJ) de Lille vient d’adopter un plan visant à renforcer la lutte contre le harcèlement, à l'issue d'une enquête interne lancée dans le sillage de l'affaire de La « Ligue du LOL ». « L'idée tourne autour du dispositif d'écoute des étudiants, de l'idée de prévention, de réaffirmer les valeurs de l'école et y associer une certaine intransigeance de la part de l'école quand ces valeurs ne sont pas respectées », a expliqué auprès de l'AFP Corinne Vanmerris, directrice des études et référente de la mission égalité-diversité de la conférence des écoles de journalisme. Sur le volet signalement des « difficultés », qui peuvent relever du harcèlement mais pas uniquement (problèmes personnels, familiaux, etc.), l'école prévoit plusieurs mesures. Figurent la discussion, qui existe déjà, avec la direction des études ; l'externalisation si besoin à des professionnels, comme la cellule de veille sur le harcèlement à l'université ou la « maison des ados », la nomination d'un référent hors direction des études formé à ces questions-là, et la mise à disposition aux étudiants d'une boîte mail anonyme pour alerter un membre du conseil d'administration.

Un audit sur les questions d’égalité et diversité

Pour ce qui est de la sanction, l'école va désormais faire signer à chaque rentrée une charte qui rappelle « les valeurs de l'école » et les textes de loi, aux étudiants, aux formateurs et aux permanents de l'école, revoir le règlement intérieur et « rénover » le conseil de discipline. Ce plan a été adopté à l'issue d'une enquête interne lancée mi-février, à la suite de « chants homophobes » et « discriminants » intervenus en février 2018, lors d'un tournoi de football inter-écoles organisé par les étudiants à Strasbourg. Ces propos ont été signalés à la direction au moment de l'affaire de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux du groupe « Ligue du LOL » et du débat sur les discriminations au sein des rédactions. L'enquête n'a cependant pas permis « d'isoler des personnes responsables de ces actes », face aux « mutisme des étudiants », a rapporté Corinne Vanmerris. « On tourne plutôt autour d'une responsabilité collective ». « Dans un contexte festif, il me semble qu'à partir du moment où une partie des étudiants soulèvent un malaise et l'expriment, ça paraît être le bon curseur et le moment de s'arrêter », a-t-elle estimé. L'école va par ailleurs lancer un audit sur les questions d'égalité et diversité et continuer « d'améliorer l'équilibre » femmes-hommes parmi le corps enseignant.

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