AFP : signature d’un nouvel accord d’entreprise

L'Agence France-Presse a signé cette semaine un nouvel accord d'entreprise avec trois syndicats (SNJ, CGT et CFDT) représentant plus de la moitié des suffrages lors des dernières élections professionnelles, ce qui a permis son entrée en vigueur samedi. Signé après plus de trois ans de discussions, ce texte "plus simple, plus cohérent, économiquement plus soutenable et juridiquement plus protecteur, vise également à une plus grande équité entre les différentes catégories de personnels", estime la direction. Il remplace les 117 accords sociaux accumulés au fil des ans, qui avaient été dénoncés en bloc par le président-directeur général Emmanuel Hoog à l'été 2015. Parmi ses principaux points, la mise en place d'un "forfait jours" pour les journalistes et les cadres, avec une adhésion facultative et réversible, qui entrera en vigueur le 1er juin. "Nous voyons cet accord collectif comme un nouveau point de départ plutôt qu'un aboutissement", indique le SNJ, qui a signé le texte "après d'ultimes améliorations et clarifications apportées par la direction". Le SNJ estime que "cet accord protège l'ensemble des salariés et préserve l'essentiel des droits des journalistes" dans une situation "financière dégradée et un écosystème médiatique très difficile". "C'était la moins pire des solutions", commente de son côté la CGT, soulignant "le risque d'application unilatérale des règles de la direction" et celui de "vide juridique" en cas d'absence d'accord. Pour emporter l'adhésion de la CGT dans les derniers jours de négociation, la direction a accepté de maintenir pendant cinq ans les plans de carrière des employés et ouvriers. Ces deux syndicats représentent près de 61% des salariés et plus de 70% avec la CFDT.

Les syndicats FO, Sud et CFE-CGC ont rejeté l'accord. FO dénonce des grilles de salaires et plans de carrière rabotés pour les cadres, déplore que "les journées à rallonge soient légalisées" et regrette la baisse du nombre de jours de repos. Sud dénonce un "recul social historique". La direction estime qu'il s'agit de "mieux encadrer le mode d'organisation actuel" et que l'accord permettra à terme de dégager un potentiel de travail supplémentaire équivalant "à plusieurs dizaines d'ETP" (équivalents temps plein). Emmanuel Hoog, qui a salué un "accord historique", indique que l'enjeu n'est pas seulement économique mais vise à "la modernisation et la rationalisation de l'organisation".

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