Cédric Dugardin (Presstalis) espère une nouvelle structure début juillet

Presstalis

Le PDG du principal distributeur de la presse en France, Presstalis, dont une partie des activités sera reprise et l’autre liquidée, espère que la nouvelle structure sera opérationnelle « début juillet », a-t-il indiqué mercredi lors d'une audition à l'Assemblée nationale. La situation de Presstalis, déjà difficile, a été aggravée par la crise sanitaire, a rappelé Cédric Dugardin devant la commission des Affaires culturelles : « au plus fort de la crise, les points de vente fermés représentaient 19% du chiffre d'affaires de Presstalis » tandis que les volumes fournis ont fortement baissé, de « presque 66% pour certains trimestriels ».

Deux filiales de Presstalis employant 512 salariés ont été liquidées le 15 mai par le tribunal de commerce de Paris, tandis que l'organisation centrale de Presstalis a été placée en redressement judiciaire avec poursuite d’activité. Un « impact social très lourd » qui se soldera au total par « 645 départs sur 917 salariés », a admis le PDG, se disant « conscient de la gravité de la situation » : « je ne peux que regretter l'absence d'accord avec les magazines qui aurait permis de limiter les conséquences sociales de la liquidation », a-t-il fait valoir aux députés.

« Dans les jours qui viennent, le tribunal de commerce de Paris examinera les offres de reprise de Presstalis et nous espérons que la nouvelle structure sera opérationnelle début juillet. Plus agile, apurée des dettes du passé, cette structure sera aussi plus transparente pour les éditeurs comme pour les pouvoirs publics », a-t-il assuré. L'Etat devrait financer le démarrage de cette nouvelle messagerie à hauteur de « plusieurs millions d’euros", selon lui. Le projet de budget rectificatif présenté mercredi en Conseil des ministres prévoit au total près de 200 millions d'euros d'aides pour Presstalis.

118 millons d'euros perdus pour les éditeurs

En attendant, une régie à été mise en place, un plan qui fonctionne « sur tout le territoire à l'exception de Lyon, Marseille (qui approvisionne aussi la Corse, ndlr) et Toulon, où des mouvements sociaux empêchent la distribution », a-t-il rappelé, dénonçant des actes « violents », avec des blocages de navettes, des dégradations et des intrusions dans certains dépôts. 1.116 points de ventes ne sont plus livrés depuis mi-mai et environ un millier sont livrés partiellement en fonction des blocages, sur un total de 23.000 points de vente en France, selon lui.

« Je suis conscient du préjudice que les diffuseurs et les éditeurs subissent du fait des blocages et nous recherchons activement des solutions », a-t-il assuré. « Le plan que nous déployons est complexe, coûteux, douloureux mais indispensable. Il permet d'envisager l'avenir (...) en attendant l’ouverture de la concurrence en 2023 », a-t-il ajouté, indiquant son intention d'adosser à terme le nouveau Presstalis à un groupe de logistique, type Geodis ou La Poste. Pour journaux et magazines, la facture est salée : fin avril, Presstalis leur devait 118 millons d'euros, des créances « totalement perdues », a reconnu Cédric Dugardin.

Pour les 229 petits éditeurs, qui perdent quasiment 25 millions d’euros, « nous avons proposé aux pouvoirs publics un schéma qui permettrait de les indemniser (...) ces discussions sont en cours aujourd'hui avec Bercy et la rue de Valois », a-t-il précisé. Un rassemblement des salariés de la presse est organisé par la CGT vendredi devant les locaux parisiens du Syndicat de la presse quotidienne nationale, pour protester contre la liquidation de Presstalis mais aussi contre les plans d'économies à L'Equipe ou au Parisien.

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