La Dépêche de Tahiti placé en liquidation judiciaire

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(© LDT)

Le quotidien La Dépêche de Tahiti a été placé lundi en liquidation judiciaire, mais continue à paraître et a déposé un référé-suspension mercredi, ainsi qu'un recours devant la cour d'appel de Papeete, a indiqué son rédacteur en chef à l'AFP. La Dépêche de Tahiti est le journal emblématique de la Polynésie française, fondé en 1964. Les magazines du groupe (Fenua Orama, Maisons du Fenua et Tiki mag) sont également touchés par cette liquidation. Elle a été décidée lundi par le tribunal du commerce, après la plainte d'un ancien salarié qui n'avait pas perçu la totalité de ses indemnités de départ à la retraite. La direction du groupe La Dépêche a annoncé qu'elle ferait appel mercredi, mais cet appel n'est pas suspensif. "On attend avec impatience que le parquet se joigne à notre appel, car son appel serait suspensif", a précisé à l'AFP Bertrand Prévost, rédacteur en chef du quotidien. Avec ses équipes, il continuait mercredi à préparer le 18.280ème numéro à paraître jeudi, bien que les convocations à des entretiens préalables à licenciement puissent arriver le jour même. "C'est dur, parce que les ventes repartaient à la hausse, pour La Dépêche comme pour les magazines... Et puis l'épidémie a fait très mal, surtout aux annonceurs : beaucoup ont réduit le budget publicitaire", a déclaré M. Prévost.

Les employés du quotidien sont d'autant plus déçus que des solutions financières étaient, selon eux, sur le point d'aboutir. Le président de la Polynésie française, le président de l'Assemblée locale et le haut-commissaire ont assuré les salariés du quotidien de leur soutien. Le Président Edouard Fritch l'a même présenté comme une "institution" locale. L'homme d'affaires Dominique Auroy avait racheté en 2014 les deux uniques quotidiens locaux de l'époque, Les Nouvelles et La Dépêche, sans parvenir à redresser les comptes de l'entreprise. Quelques mois plus tard, il avait fermé les Nouvelles, puis drastiquement réduit la masse salariale : 170 employés travaillaient pour le groupe avant le rachat, ils ne sont plus que 38 aujourd'hui.  Mais "par effet domino, la liquidation va toucher une centaine de personnes, avec l'imprimeur, les pigistes ou la comptabilité et la régie publicitaire qui sont externalisées", a précisé M. Prévost. La disparition de La Dépêche soulève aussi la question de la pluralité de l'information dans cette collectivité d'outre-mer qui ne compte que deux sociétés produisant des journaux quotidiens. Le groupe concurrent, Fenua communication, a transmis à La Dépêche "un message de solidarité et de soutien".

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