France Télévisions va réduire ses effectifs sans départs contraints

France Télévisions va négocier un nouveau plan de suppression de postes qui ne comportera "pas de départs contraints" selon la direction, afin de réduire et renouveler ses effectifs. Ainsi, devant le comité social et économique (CSE) du groupe audiovisuel, sa présidente Delphine Ernotte a annoncé qu'un projet de rupture conventionnelle collective, dont l'ampleur n'a pas été précisée, serait négocié avec les syndicats. Les représentants des salariés sont immédiatement montés au créneau dans un communiqué, face à ce qu'ils qualifient de "restructuration de grande ampleur". Les syndicats CGT, CFDT, FO et SNJ "refusent un nouveau plan de suppression de postes, s'ajoutant à ceux en cours, au moment où le service public est confronté à des enjeux historiques de développement sur le numérique et de maillage des territoires". Les syndicats dénoncent notamment un "chantage de la direction qui laisse entendre qu'à défaut d'accord collectif, les départs se poursuivraient sans accompagnement". La présidente de France Télévisions a indiqué que ce plan de départs serait financé "avec l'accord de l'actionnaire", rapportent les syndicats, mais "sans plus de précisions quant au montant et l'origine" de ce financement. "Il n'y aura aucun départ contraint", a précisé à l'AFP Arnaud Lesaunier, directeur général délégué Ressources humaines et organisation de France Télévisions. "Le plan accompagnera majoritairement des départs à la retraite" et "sera accompagné de mesures facilitant la mobilité interne", a-t-il souligné. Les négociations avec les organisations représentatives pourraient débuter dès la première semaine de janvier.

50% des effectifs ont 50 ans ou plus

Ce plan de départs s'inscrit dans un vaste programme de réduction de dépenses dans lequel s'est engagé France Télévisions depuis plusieurs années. Le groupe, qui avait réduit ses effectifs de 800 postes depuis 2012 (dans le cadre d'une politique de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux) avait déjà annoncé la suppression de 180 postes à la faveur de départs en retraite, sur près de 10.000 salariés. "On a un vrai besoin de mixité générationnelle et de recomposition des équipes", a indiqué Arnaud Lesaunier. Ce plan de départs "permettra le recrutement de profils plus jeunes et numériques, et l'intégration de collaborateurs non permanents", a-t-il assuré. La moyenne d'âge des salariés de France Télévisions, tous métiers confondus, est de 49 ans, et 50% des effectifs ont 50 ans ou plus. Moins de 3% de l'effectif a moins de 30 ans.

Le gouvernement a demandé au groupe un effort d'économies qui avoisinera les 400 millions d'euros d'ici 2022 et passera également par la suppression de la TNT de France 4 et France Ô. L'effort représente cette année environ 50 millions d'euros sur un budget de 2,8 milliards d'euros.  "Ce sont des chiffres exigeants, je ne le cache pas, mais faisables. On n'en est pas à la première session d'économies, cela fait aussi des années que l'entreprise fait des économies", avait souligné Delphine Ernotte Cunci fin août, rappelant que le groupe avait notamment réduit ses coûts de fonctionnement, y compris en négociant avec ses producteurs de programmes.

Issues de la dernière réforme du code du travail en France, les ruptures conventionnelles collectives (RCC) permettent de supprimer des postes via des départs volontaires, sans justification économique. Une soixantaine de RCC ont été engagées depuis leur entrée en vigueur, notamment par IBM, Société Générale, Teleperformance, ou encore PSA. Le groupe de prêt-à-porter Pimkie en revanche n'a pas pu appliquer un tel projet après le refus de trois syndicats (CGT, FO et CDFT). "20% ne vont pas au bout", expliquait le ministère du Travail en septembre. 

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