iTélé : la direction proposerait un protocole d’accord

Le gouvernement s'est invité dans le dossier iTélé en recevant lundi midi les dirigeants de la chaîne pour tenter de résoudre ce conflit, sans précédent dans l'histoire de l'audiovisuel depuis Mai 1968. "Il y a une volonté de la direction de sortir de ce conflit. Il faut maintenant qu'il y ait des actes", a souligné la ministre du Travail Myriam El Khomri, à l'issue d'une rencontre avec plusieurs dirigeants du groupe.  "La direction a déclaré vouloir prendre des engagements sur les trois points constitutifs de la garantie d'indépendance de la rédaction", soit l'édition d'une charte, la mise en place d'un comité d'éthique et la séparation des fonctions de directeur général et de directeur de la rédaction, a indiqué de son côté la ministre de la Culture et de la Communication Audrey Azoulay, également présente.  Les deux ministres ont reçu, côté Canal+, Jean-Christophe Thiery (président du directoire) et Gérald-Brice Viret (directeur général des antennes), ainsi que Stéphane Roussel (directeur général chargé des opérations) côté Vivendi, la maison mère de Canal+. La semaine dernière, elles avaient rencontré des représentants du personnel.  Après cette réunion, ces dirigeants ont annoncé qu'ils allaient présenter dans l'après-midi un nouveau protocole d'accord aux représentants des salariés. Ils proposent notamment la nomination d'ici à fin novembre d'un directeur adjoint pour seconder Serge Nedjar, qui assure la double casquette de directeur général et de directeur de la rédaction, ce qui constitue l'un des principaux points de crispation des grévistes. Ce nouvel adjoint sera "issu prioritairement de la rédaction", a précisé M. Viret.

"iTélé perd depuis des années 25 millions d'euros par an. Le vrai sujet est économique, le reste ce n'est pas le sujet", a estimé pour sa part Stéphane Roussel. "Nous avons réaffirmé très clairement qu'iTélé allait rester une chaîne d'information en continu de référence. Il n'y a pas du tout de projet de chaîne de divertissement", a-t-il assuré.  Il a également précisé qu'une dizaine de personnes étaient parties de la chaîne et qu'une dizaine de départs étaient encore en discussion, mais "tous les départs seront remplacés",  selon lui. "Dans un marché avec quatre chaînes d'information, extrêmement concurrentiel, nous avons besoin de donner des avantages compétitifs très forts à cette chaîne. Elle va les trouver au sein du groupe Canal+ qui est extrêmement fort dans le sport, la culture et le cinéma, et l'international", a affirmé Jean-Christophe Thiery.  La direction soutient depuis plusieurs jours qu'une sortie de crise est proche, après avoir fait plusieurs propositions aux grévistes, notamment de meilleures conditions de départ pour ceux qui voudraient quitter la chaîne.

Juste avant cette réunion au ministère, les salariés d'iTélé avaient affiché leur "détermination" en reconduisant leur mouvement jusqu'à mardi midi pour un 30ème jour. Débuté le 17 octobre, ce conflit dépassera donc en longueur celui qui avait paralysé Radio France en 2015 (29 jours). RFI avait connu en 2009 un mouvement plus long, qui avait perturbé son antenne pendant près de deux mois, mais sans entraîner de paralysie totale des programmes. La prolongation de la grève a été approuvée par 84% des voix de la rédaction d'iTélé, selon les grévistes. (avec l’AFP)

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