Olivier Schrameck : le CSA en 2018

« Echange et participation dans la transparence, tel doit être aussi l’esprit de la politique d’ensemble de l’audiovisuel que notre institution a pour fonction, en pratique, de développer en l’améliorant ». Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel Olivier Schrameck adressait mardi ses vœux à la presse avec son traditionnel discours brossant un panorama de son action en 2017 et celle à venir pour 2018. Il a ainsi annoncé que l’instance avait vu l’an passé le nombre des signalements « multiplié par dix en deux ans », passant d’environ 9 000 en 2015 à près de 90 000 en 2017. De même, les décisions relatives aux programmes n’ont représenté « que » 10% de celles qui sont prises chaque année alors que parmi ces 10% « seulement un tiers a donné lieu à une intervention » du CSA, souligne-t-il encore. Le site internet de l’organisme, véritable jungle aussi bien pour le grand public que les professionnels, est en outre en « pleine refonte » afin de permettre une relation « directe et interactive ».

Olivier Schrameck rappelle également qu’au sein l’ERGA, association des régulateurs de l’Union européenne qui vient renforcer l’espace européen de création et de diffusion, le CSA a pu œuvrer dans le cadre d’un groupe de travail à la préparation et à la mise en œuvre de la nouvelle directive sur les services de médias audiovisuels. Celle-ci, « à la faveur de son adoption dans les prochains mois, devrait englober désormais les plateformes de partage de vidéos et les réseaux sociaux », souligne-t-il encore. Car en 2018, la perspective n’est rien de moins qu’une « régulation étendue aux services audiovisuels numériques tant par son périmètre que par ses méthodes », relève le président du CSA, ce qui pourrait constituer « un tournant décisif ».

S’interroger sur une conception exigeante du service public

Pour la France, la réforme engagée de l’audiovisuel public par le Président de la République Emmanuel Macron « conduira nécessairement à s’interroger sur une conception exigeante du service public dans un contexte profondément transformé, qui mette encore mieux en valeur sa singularité et sa nécessité », insiste Olivier Schrameck. Pour lui « recentrer le service public sur l’information, l’éducation, la création, la cohésion nationale et territoriale, ne peut être sans conséquence sur les conditions de sa gouvernance, de sa structuration et de son financement ». Mais « naturellement », les décisions incombent aux pouvoirs publics alors que le CSA se dit « prêt à prendre toute sa part à (ce) processus d’élaboration sans a priori et conformément à sa vocation de régulateur prenant appui sur son expérience ».

Le CSA et les autres, ensemble…

Mais le président du CSA a « pleinement conscience » que son institution « ne saurait revendiquer à elle seule le monopole d’une régulation audiovisuelle rénovée et élargie ». Il plaide ainsi pour que « s’associent sous une forme à déterminer, les diverses autorités indépendantes spécifiquement compétentes quant au respect d’une juste concurrence, au fonctionnement efficace et ouvert des communications électroniques, à la régulation des données et des algorithmes, à la lutte contre la piraterie audiovisuelle ».

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