Orange et Free menacent à leur tour de couper le signal de TF1

Le conflit entre TF1 et les distributeurs menace de s'étendre et le CSA s'en inquiète. Après Canal+, qui a coupé le signal des chaînes du groupe le week-end dernier, c'est au tour d'Orange et Free de menacer de passer à l'acte. Ainsi Stéphane Richard, le PDG d'Orange, interrogé par Le Figaro, s'est dit "prêt à couper TF1" expliquant qu'"Orange est opposé au principe d'une rémunération pour distribuer des contenus gratuits". Selon Le Figaro, Gilles Pélisson, le patron du groupe, demande 25 millions d'euros à Orange, 21 millions à Free et 20 millions à Canal+. Pour le moment, seuls SFR et Bouygues Telecom (détenu par le groupe Bouygues, propriétaire de TF1), ont trouvé un accord de distribution. "Nous ne signerons pas un accord comportant une clause de rémunération pour des contenus disponibles gratuitement sur d'autres canaux, insiste Stéphane Richard.  De son côté Free a averti ses abonnés qu'il pourrait emboîter le pas de Canal+. Lundi, dans la soirée, les abonnés à l'opérateur détenu par Xavier Niel ont pu lire un éphémère message quand ils se connectaient sur les chaînes du groupe TF1. "La rémunération demandée étant incompatible avec notre volonté de maintenir notre tarif nous sommes contraints d'interrompre la diffusion", écrivait Free. Selon les informations du Parisien, le groupe de télévision a ensuite repris les discussions "dans la soirée". Avant de recevoir mardi matin ce qui ressemble à un ultimatum de la part de l'opérateur de télécoms. Free aurait fait une offre "généreuse" à TF1, avec une « hausse de revenus très significative » mais "très éloignée des prétentions initiales". Et le couperet serait près de tomber, selon le quotidien : « Si TF1 ne signe pas, on coupe d'ici la fin de semaine".

Le CSA demande un règlement rapide

De son côté, le CSA a appelé mardi TF1 et Canal+ à résoudre au plus vite leur conflit. "Notre souhait le plus vif au CSA, c'est que ça débouche au plus vite pour l'intérêt du téléspectateur", a déclaré à des journalistes Nicolas Curien, président par intérim du Conseil supérieur de l'audiovisuel en l'absence du titulaire Olivier Schrameck. "On ne peut pas les contraindre à un dialogue puisqu'il s'agit d'une relation privée entre acteurs", a rappelé le responsable, ajoutant que "nous avons fait une offre de médiation mais pour l'instant nous n'avons pas été saisis dans ce sens". En outre, M. Curien a précisé que le CSA n'avait pas non plus été saisi d'une demande de règlement de différend par l'une des parties. Alors que jusqu'à présent les opérateurs recevaient la totalité des recettes des abonnements tandis que les chaînes recevaient la totalité des recettes publicitaires télévisuelles, "aujourd'hui il y a une tentative de renégociation de ce partage de la valeur notamment de la part de TF1", et "lorsqu'on change le statu quo, c'est normal qu'il y ait sinon des conflits, des négociations", a relevé le responsable. TF1 s'est dit "scandalisé" vendredi par la "décision unilatérale" de Canal+, qui a interrompu jeudi soir la diffusion des chaînes de TF1 faute d'accord commercial entre les deux groupes. Mais "si derrière Canal+, Free et Orange coupaient le signal (de la première chaîne, ndlr) ce serait quand même plusieurs millions d'usagers qui seraient privés de leur moyen habituel de recevoir TF1 et nous considérons qu'il faut que la situation aboutisse au plus vite" pour éviter un tel scénario, a également souligné M. Curien.

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