Réforme de l'audiovisuel public : Arte s’inquiète

Arte

Les dirigeants d'Arte se sont inquiétés mercredi du projet de réforme de l'audiovisuel public, notamment d'une éventuelle holding qui menacerait l'indépendance de la chaîne franco-allemande, ont-ils alerté lors d'une audition devant les sénateurs de la commission Culture. "Arte est une chaîne à part. Ce n'est pas une chaîne allemande, tout le monde le sait, mais ce n'est pas non plus une chaîne française, et tout le monde ne le sait pas toujours en France", a lancé Veronique Cayla, présidente d'Arte France. "J'ai dit au ministre de la Culture Franck Riester que nous étions préoccupés par le projet de réforme et nous nous inquiétons des conséquences pour le groupe Arte", a indiqué le président d'Arte GIE Peter Boudgoust. "Le principe d'indépendance par rapport à l'Etat n'est pas seulement la base en Allemagne dans les médias publics, il est inscrit dans les textes fondateurs d'Arte, qui prévoient une indépendance financière et éditoriale des trois pôles du groupe", a-t-il poursuivi. La structure d'Arte repose sur trois pôles : Arte France (dont les actionnaires sont France Télévisions 45%, l'Etat à 25%, Radio France à 15% et l'Ina à 15%) Arte Allemagne (50% ZDF, 50% ARD) et une structure centrale Arte GIE, financée par les deux pôles nationaux. Une éventuelle holding regrouperait les participations de l'audiovisuel public français qui deviendrait alors majoritaire, ce qui n'est pas possible dans les statuts d'Arte. "Aucune partie d'Arte n'est sous la domination d'un des deux pays sur le plan capitalistique", a souligné Véronique Cayla, rappelant par ailleurs que la gestion d'Arte France avait été saluée par la cour des comptes.

Une plus grande coopération avec l’audiovisuel public

Peter Boudgoust a expliqué aux sénateurs que le système allemand était "conçu pour éviter l'influence du pouvoir et totalement indépendant par rapport à l'Etat". "Arte est le symbole même de la télévision créative. Cela est possible en raison de l'indépendance des trois pôles d'Arte, qui s'efforcent de combiner au mieux les deux systèmes", a-t-il estimé. Les dirigeants ont plaidé pour une plus grande collaboration avec l'audiovisuel public qui passerait par davantage de coproductions, et ont indiqué qu'au niveau européen Arte réfléchissait avec France Télé, ZDF et ARD au lancement d'une plateforme jugée "complémentaire" à l'offre nationale que proposerait Salto, projet porté par France Télévisions, TF1 et M6. Au niveau français, un comité de concertation entre Arte et France Télé a été créé récemment pour coordonner les programmations et les deux groupes préparent aussi une offre éducative commune.

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