SVOD : l’union sacrée entre France Télévisions, TF1 et M6 pour la création de Salto

France Télévisions, TF1 et M6 ont officiellement annoncé vendredi une alliance dans la vidéo en ligne et la création une plateforme commune, baptisée Salto. Une société autonome, détenue à parts égales par les trois groupes, sera créée pour l’opérer, à l’issue de l’examen par les autorités compétentes. Avec Salto, les trois groupes « entendent proposer une réponse ambitieuse aux nouvelles attentes du public », ont-ils indiqué. Ils font valoir que cette plateforme en ligne, qui fonctionnera sur abonnement et sans engagement, offrira "une variété sans égal" de programmes : information (JT, magazines, événements spéciaux), sports, divertissements, fictions françaises, série US, documentaires et cinéma. Une plateforme qui aura pour vocation non seulement à s’ouvrir aux programmes d’autres éditeurs dès son lancement, mais également à participer « activement au rayonnement de la création française et européenne », insistent ses initiateurs. Cette plateforme OTT « permettra de retrouver tous les meilleurs programmes de télévision (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits », affirment-ils. Salto donnera également accès à des avant-premières et des services enrichis. L’offre s’articulera « de la meilleure manière », selon le communiqué, avec les plateformes gratuites existantes des trois groupes : MYTF1, 6Play et France.tv. A eux seuls, TF1 et France Télévisions représentent 75% de la création audiovisuelle en France. La date de lancement et les tarifs n'ont pas été précisés, mais selon une source proche du dossier, ce nouveau service devrait afficher un abonnement de base inférieur à 5 euros par mois.

Un projet de longue haleine

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, avait relancé en novembre l'idée d'une plateforme commune aux chaînes publiques et privées et plaidé pour l'émergence d'une « équipe de France de l'audiovisuel », capable de « devenir un champion européen qui pèse(rait) sur la scène mondiale ». « L'Union fait la force », a-t-elle souligné vendredi. De telles alliances ont déjà été constituées aux Etats-Unis (Hulu) et au Royaume-Uni (Freeview). Un projet de rapprochement avait échoué par le passé, notamment en 2015, mais M6 et TF1 s'étaient montrés ouverts ces derniers mois. Pour se donner le temps de nouer un accord, France Télévisions avait gelé en mars son propre projet de plateforme payante, attendu au printemps. Le CSA a salué vendredi cette initiative, rappelant sur Twitter que son président, Olivier Schrameck, avait souhaité dès 2013 la constitution d'un "hulu à la française". Lundi dernier, la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait à son tour encouragé l'audiovisuel public à « construire des alliances avec les chaînes privées pour permettre l'émergence d'un champion numérique de la diffusion des programmes français ». Avec cette union, Delphine Ernotte et ses homologues Gilles Pélisson (TF1) et Nicolas de Tavernost (M6) prennent le taureau par les cornes, face à la concurrence de Netflix et d'Amazon. Netflix, présent depuis seulement quatre ans dans l'Hexagone, y compterait désormais 3,5 millions d'abonnés, selon Libération, soit plus qu'OCS, le bouquet payant d'Orange. Au rythme auquel il croît (100.000 clients par mois selon le quotidien), Netflix semble en mesure de s'imposer tôt ou tard comme le numéro 1 de la télévision payante en France, devant Canal+ et ses 4,9 millions d'abonnés. La filiale de Vivendi peine elle-même à relancer ses recrutements, et vient en outre de perdre les droits de la Ligue 1 de football à partir de 2020. En s'alliant, TF1, M6 et France TV pourront aussi mutualiser leurs investissements technologiques, et tenter de concevoir une interface intuitive et fluide pour Salto.

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