TF1-Molotov : la tension

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Ça se complique, entre Molotov et le groupe TF1. Ce dernier exige en effet de la part de la plateforme de TV en ligne l’arrêt de la diffusion de ses chaines sans son accord. Depuis le 1er juillet, comme l'a relevé le site Electron Libre, et comme l'ont confirmé des sources concordantes à l'AFP, TF1 a cessé de fournir le signal de ses chaînes (TF1, TMC, TFX, LCI...) à Molotov, qui diffuse depuis ses programmes sans son autorisation. En cause : le contrat qui liait les deux groupes (et qui permettait à Molotov de diffuser les programmes de TF1 en échange d'une rémunération, dans un cadre expérimental) est arrivé à expiration fin juin. Des négociations entre les deux groupes visant à le renouveler, entamées plusieurs mois avant son expiration, ont échoué, et TF1 avait prévenu Molotov qu'elle cesserait dans ces circonstances de lui fournir ses chaînes. Un litige commercial qui se retrouve désormais sur les bancs des tribunaux, puisque Molotov a lancé une procédure en référé contre TF1 pour obtenir la prolongation de leur contrat (une audience à ce sujet est prévue le 15 juillet), tandis que TF1 a répliqué avec une plainte en contrefaçon contre Molotov, en lui réclamant plusieurs millions d'euros d'indemnités.

Une affaire qui « n’a rien à voir » avec Salto…

Une situation préoccupante pour Molotov, car la plateforme qui compte plus de huit millions d'utilisateurs en France, est toujours déficitaire, et, après l'échec de discussions successives avec les groupes France Télévisions et Altice en vue d'un potentiel rachat, l'entreprise cherche en ce moment à lever des fonds auprès d'investisseurs (dont Xavier Niel, le fondateur d'Iliad/Free, selon plusieurs médias), pour se renflouer. Molotov n'a pas fait de commentaires sur le litige avec TF1. Mais d'après une source proche de la plateforme, en coupant l'accès à ses chaînes, TF1 pourrait chercher à mettre à mal la levée de fonds de Molotov, pour mieux laisser la voie libre à Salto, le futur service de télévision en ligne que le groupe veut lancer avec France Télévisions et M6. Alors que l'Autorité de la concurrence a commencé à examiner le dossier Salto, une telle hypothèse est démentie catégoriquement au sein de la filiale de Bouygues, où l'on souligne que "TF1 a soutenu depuis le début Molotov", et que l'affaire "n'a rien à voir avec Salto", puisqu'il s'agira d'une offre payante, avec des contenus spécifiques.

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