L'ODI scrute les manquements aux règles éthiques du journalisme

Restaurer la confiance dans les médias en évitant erreurs factuelles, imprécisions, voire petits arrangements avec la vérité : l'Observatoire de la déontologie de l'information (ODI) analyse dans son premier rapport annuel les manquements aux règles éthiques du journalisme. Intitulé "L'insécurité de l'information", le rapport relève aussi les avancées dans ce domaine, recommandant aux journalistes et aux éditeurs de "se reprendre en main". Plus de 150 "faits déontologiques" ont été passés au crible de trois textes de référence: la charte éthique du Syndicat national des journalistes (SNJ), La déclaration des droits et devoirs des journalistes élaborée par les syndicats européens en 1971 et le projet de code de déontologie rédigé en 2009 pour les États généraux de la presse. L'ODI s'est interdit de citer les médias et les journalistes en cause et s'est attaché "à mettre en lumière les questions posées par les exemples cités".

Le rapport présenté aux Assises du journalisme à Metz

Le rapport pointe des "erreurs passives" et des "fautes actives" relevées dans un chapitre consacré à "L'exactitude de l'information". L'ODI a ensuite étudié "La fabrication de l'information", décortiquant les relations des journalistes avec leurs sources ou les conflits d'intérêts. "Ce rapport se veut une prise de conscience de l'importance de la déontologie", a souligné Didier Epelbaum, président de l'ODI, lors d'une conférence de presse en souhaitant que ce travail serve à "restaurer la confiance des citoyens dans l'information" et encourageant journalistes et éditeurs à se reprendre en main". "Je suis stupéfait que le seul souci des éditeurs de médias soit leur modèle économique, alors que la déontologie est la garantie d'une confiance des lecteurs. Qui va acheter un journal qui n'est pas digne de confiance ?", s'interroge M. Epelbaum. L'ODI suggère des "recommandations" visant à instaurer "un contrat de confiance" entre public et médias et rappelle "l'urgence démocratique à sortir de l'attentisme qui prévaut chez les éditeurs et les pouvoirs publics sur ces questions qui préoccupent les Français et les éloignent des médias". Le rapport doit être présentée lors des Assises du journalisme qui se tiennent à Metz à partir de mardi à jeudi.

Une vingtaine de personnes physiques et morales (organisations professionnelles, entreprises de presse, organisations de la société civile) sont membres de l'ODI, comme, la Fédération française des agences de presse (FFAP), le Syndicat national des radios libres (SNRL), l'Union syndicale des journalistes CFDT, l'Institut Confiance, Les Indignés du PAF,  la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) ou encore les associations des lecteurs de Sud Ouest, du Monde et de Libération.

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