Les Indés radios en bonne santé mais mis à l’amende par l’Autorité de la concurrence

Chaud et froid hier pour les Indés Radios, qui annonçaient un CA en hausse tandis que l’Autorité de la concurrence leur infligeait une amende pour des formalités d’adhésion à réviser.

Côté résultats, dans un contexte où le marché publicitaire national s’oriente à la baisse -pour l’année 2014, l’IREP prévoit des recettes nettes en recul de -2% à -2,5% pour le média radio par rapport à 2013, les Indés Radios annoncent une hausse de leur chiffre d’affaires. En 2014, le groupement d’indépendantes a réalisé un chiffre d’affaires publicitaires net de 85,3 M€, soit + 2,2% vs 2013. Le modèle économique des radios indépendantes s’appuie sur les marchés publicitaires nationaux et locaux. Un secteur qui pèse globalement 180 M€ en 2014. « Le Groupement joue son rôle de support des radios indépendantes locales, régionales et thématiques, grâce aux recettes publicitaires nationales et extra-locales générées et reversées aux 127 radios adhérentes, ce qui contribue pour moitié à leur chiffre d’affaires ». Ces bons résultats financiers permettent également aux Indés Radios de proposer de nouveaux services à ses adhérents. « La mutualisation offre l’opportunité de réaliser ensemble ce que chacun ne pourrait pas faire seule. Le partenariat avec l’émission « The Voice » depuis 4 saisons en est un parfait exemple. Le Groupement développe avec ses radios un système collaboratif dans l’indépendance et le respect de chaque format éditorial ». Les Indés Radios ont frôlé les 9 millions d’auditeurs quotidiens, mesurés par Médiamétrie lors de la vague avril-juin 2014 de l’enquête 126000 Radio (Médiamétrie, 126 000 Radio avril-juin 2014, Lu/Ve, 5h/24h, audience cumulée : 8 794 000 individus 13+).

Conditions d’adhésion trop floues : 300 000 euros d’amende

Le même jour, l'Autorité de la concurrence infligeait aux Indés Radios, qui regroupent 127 radios françaises indépendantes, une amende de 300.000 euros pour n'avoir pas respecté des engagements pris en 2006. Comme l’explique l’AFP, ce groupement d'intérêt économique qui représente quelque 8,5 millions d'auditeurs par jour, a pour but d'agréger les audiences des radios locales pour fournir une offre d'espaces publicitaires groupée, et représente la seule façon pour ces radios d'avoir accès au marché national de la publicité. Le GIE avait pris des engagements en 2006 après une saisine du Conseil de la concurrence par la radio Chante France (groupe Canal9) pour "pratiques d'adhésion discriminatoires". Le Conseil avait estimé "que l'accord des membres du groupement pour fixer des conditions d'adhésion et de maintien dans le GIE était susceptible d'être qualifié d'anticoncurrentiel dès lors que ces conditions auraient pour objet ou pour effet d'empêcher dans des conditions discriminatoires l'accès de certaines radios locales au marché de la publicité nationale". Le GIE avait pris en retour des engagements pour assurer la transparence, l'objectivité et la prévisibilité de ses conditions d'adhésion ainsi que de maintien et de sortie du groupement. Au cours de vérifications ultérieures, l'Autorité de la concurrence a néanmoins observé des modifications des conditions d'adhésion qui contrevenaient aux engagements du GIE et l'a sanctionné. L'amende de 300.000 euros, représente quelque 5% du budget de fonctionnement du groupement, qui est de quelque 6 millions d'euros. "Nous prenons acte de cette décision", a indiqué à l'AFP le GIE. Le groupement a rappelé qu'il poursuivait "un dialogue avec l'Autorité de la concurrence depuis 2006" et que seuls 9 points sur les 20 articles modifiés posaient problème à l'autorité. Le GIE se réserve la possibilité de faire appel, et dispose d'un mois pour ce faire.

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