Au-delà du gag

Photo édito

Je n’ai pas pu me retenir. Quand j’ai appris que Twitter refusait de passer une campagne du gouvernement pour les Européennes au nom d’une loi votée par ce même gouvernement, je n’ai pas pu m’empêcher, premièrement, de rire, deuxièmement, d’en faire le sujet de cet édito. Je sais, depuis Twitter a desserré l’étau, mais quand même. Au-delà du gag, cette histoire met en lumière toute la difficulté de notre société avec les réseaux sociaux. Dès que ça dérape — et ça dérape de plus en plus souvent — on accuse les géants d’être incapables de faire la loi chez eux. Ce n’est d’ailleurs pas complètement faux. Parce que l’intelligence artificielle ne le sera jamais assez (intelligente, pas artificielle, essayez de suivre) pour rivaliser avec la bêtise humaine. Du coup les pouvoirs publics décident de faire leur boulot, c’est-à-dire la loi. Sauf qu’elle est toujours en retard, toujours inadaptée à l’évolution, non seulement de la techno, mais aussi des usages. J’ai ri, mais ce n’est pas drôle du tout. Quand un crétin haineux et décervelé filme en direct son massacre, est-ce qu’on doit interdire à toutes les grands-mères du monde de faire un live avec leurs petits enfants ? Aucune réponse évidente. Même Mark Z n’en sait rien, lui, le maître du monde libéral qui en est à demander aux Etats de réguler internet. Pas facile, hein ? Bon courage à Cédric O.

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